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CHAPITRE XVIII

nédiction. Deo gratias /... Quoi qu'il arrive, je tiens à être debout. »

Tout son temps se passait en prières et en pieuses lectures. « Comme je vous remercie pour les livres que j'ai reçus hier! Mais la Bible n'est pas complète. Ce soir, en voulant préparer une méditation, j'ai été tout attrapé. Les Prophètes manquent ainsi que les Évangiles.... Rien de nouveau dans le pays que nous habitons. Tout va bien in Domino. »

Le 25 avril, il remercie particulièrement de la Bible complète. Je vous serais bien reconnaissant, écrit-il, de m'envoyer l'Explication des Psaumes du P. Berthier, et le volume du même auteur sur le Saint- Esprit. — Vingt et unième jour de la retraite : je serai bientôt à la Pentecôte. Tout à vous. — Bien portant et Deo gratias ! »

Et quand le trentième jour approche, il s'écrie tout joyeux: « Je n'aurais jamais espéré que la retraite d'un mois me fût rendue, et voilà que je touche au terme ! Eh bien ! si à la fm du mois nous ne retrouvons pas la liberté, je poursuivrai encore ma retraite, et je ne perdrai rien, j'espère, de cette façon, à la prolongation de l'épreuve. »

Toutefois, il est une souffrance qu'il ne réussit pas à cacher: « Cet affreux canon qui gronde sans cesse... Oh! que cela me fait mal ! Mais aussi que cela me porte à prier pour notre pauvre pays! S'il ne fallait que donner ma misérable vie pour mettre un terme à cela, que j'aurais vite fait mon sacrifice! Bonne santé et joie du cœur*. »

l. 27 avril.

^^-S PIERRE OLIVATNT.

Cette joie du cœur, toute surnaturelle, ne se dément pas un instant. Ni les grandes douleurs, ni les légers mécomptes ne la troublent jamais. « Je vous ai écrit vendredi ; ma lettre s'est donc perdue ; joignons ce petit sacrifice aux autres. — Je vous demandais Glaire, leCom^s d'Ecriture sainte; le P. Louis Dupont, le recueil de ses Méditations.,. Mais ne vous fatiguez pas à chercher; je saurai m'en passer, comme de tant d'autres choses. Qu'il fait bon de s'abandonner tout à Dieu ! Mais de lui on ne se passe pas. J'admire de plus en plus, dans ma petite solitude, la bonté paternelle de Dieu.

« Je vous demandais encore gros fil ou petit cordon noir ou rouge, pour coudre des cahiers; grosse, grosse aiguille, comme pour un aveugle. — Merci encore et toujours! Je vais toujours bien et toujours content... ^ »

Et trois jours après: « Cher ami... je n'ai que de bonnes nouvelles à vous donner. La santé se soutient et je suis au vingt-septième jour de ma retraite. Que Notre-Seigneur est bon ! »

Hélas! que n'avons-nous ces précieux « cahiers » cousus avec « le gros fil et la grosse aiguille ! » Après tant de recherches infructueuses, il semble que tout espoir soit à jamais perdu.

C'est un nouveau motif de ne rien néghger du trésor qui nous reste et de consigner ici les moindres billets écrits par le saint prisonnier. Aussi bien, ce sont vraiment ses reliques, c'est aussi la suprême révélation de son âme et comme son testament.

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