Né le 26 octobre 1785, à Pans
C'était un homme d'honneur, d'une probité sévère et d'une grande énergie. Bien qu'il eût été élevé par une mère pieuse, l'ancien soldat, comme beaucoup d'hommes de sa génération, avait mis de côté toute pratique religieuse, et nourrissait contre l'Église et contre les prêtres des préventions puisées surtout dans les mauvais livres du temps. Une jeunesse passée tout entière au service, l'exemple contagieux de la plupart de ses compagnons d'armes, les rancunes politiques d'un officier dont la carrière venait d'être brusquement brisée, des revers de fortune qui le réduisirent à une gêne extrême : tout conspira pour ulcérer cette âme vide des espérances du ciel.
Après son mariage, il avait ouvert une boutique de boulangerie, dans une maison que le boulevard Sébastopol a fait disparaître *. C'est là que Pierre vint au monde et passa ses premières années.
Mme Olivaint était, au témoignage de ceux qui l'ont le mieux connue, une femme bien supérieure à sa condition modeste, d'un esprit élevé, d'une exquise délicatesse de sentiments, d'un courage et d'un savoir-faire que nulle épreuve ne déconcertait jamais.
Elle-même, hélas ! était alors à peine chrétienne; mais il était écrit dans les conseils de la divine bonté que, cette fois, les larmes de l'enfant sauveraient la mère, et que Monique serait convertie par Augustin.
Pierre eut un frère, nommé Jules, auquel il de-