CHAPITRE IV. ei
stolat dans des conditions exceptionnellement délicates, les trois amis comprirent que leurs efforls les plus généreux resteraient stériles, s'ils ne se conciliaient d'abord par la prière commune et la pratique d'une piété fervente, le secours de Dieu. Ils l'implorèrent et l'obtinrent par la médiation miraculeuse de Notre-Dame des Victoires.
Depuis quelques mois, dans l'église des Pe/ils-Pères, placée, comme une oasis, entre la Banque, la Bourse elle Palais-Royal, un saint prêtre, M. Dufricbe-Desgenettes, avait établi l'Archiconfrérie du très-saint et immaculé Cœur de Marie. Des prodiges éclatants avaient aussitôt prouvé la miséricordieuse puissance de Celle qui, là surtout, se montrait le refuge des pécheurs, le secours des chrétiens et la consolation des affligés. A peine converti, Pierre Olivaint accourut, avec ses amis, au pieux sanctuaire, pour s'offrir, corps et âme, à la Yierge immaculée et au divin Enfant qui leur tendait les bras. Tous trois revinrent armés du Manuel de l'Archiconfrérie, ce livre merveilleux qui, en peu d'années, fut traduit dans toutes les langues et répandu par centaines de mille. Dès lors, ils aimaient à se réunir chaque jour ensemble, pour faire les prières indiquées dans ce petit livre d'or. Leur cénacle était une chambre haute de l'École normale, située alors rue Saint-Jacques, et de là, pendant qu'ils priaient, leur regard embrassait une grande partie de l'immense ville qui, renouant ses traditions séculaires, redevenait de la cité de Notre- Dame.
Ils durent à ce patronage de persévérer ensemble,
comme les premiers disciples que la crainte des Juifs retenait à l'écart.
Trois ans plus tard, au mois de mai 1840, Pierre Olivaint écrivait à l'un de ses amis : « Je suis allé ce soir au mois de Marie. Qu'elles sont belles et touchantes, cher ami, les cérémonies de l'Église dans le culte de la sainte Vierge! La Vierge Mère, quel mystère! L'Incarnation, abîme où notre esprit se perd! Et cependant, si nous voulons nous recueillir, que la vérité se montre déjà majestueuse et consolante sous ce voile! Un jeune prêtre que nous venons de perdre, disait en mourant : « Dieu soit béni! j'entrevois déjà « la lumière....» Que sera-ce donc, quand le voile sera tombé tout à fait, puisque le catholique sincère, dès cette vie, est déjà ébloui de si admirables clartés ! La Vierge Mère!... les Protestants n'ont pas compris cela et leur culte est mort.
a C'est une chose étonnante, cher ami, dans un temps où les églises sont désertes, comme les hommes eux-mêmes se pressent en foule aux autels de Marie qui leur tend les bras. Quelle douce pensée que celle-là : nous avons une mère dans le ciel, pour ceux qui, comme nous, ont éprouvé jusqu'où va, dès icibas, l'amour d'une mère !
a Tu verrais un spectacle bien touchant, si tu allais, quelque dimanche soir, à l'église des Petits-Pères, alors que les fidèles assemblés demandent à Marie la conversion des pécheurs. Lis, je t'en prie, ie récit des merveilles accomplies dans les jours mauvais par le pouvoir admirable de la sainte Vierge. Je veux te parler du Manuel de prières de V Archiconfrérie du