Journal des Retraites, 1. 1, p
mêlaient en Pierre Olivaint, avec la perspicacité malicieuse de leur âge, certains indices d'un changement prochain. Sans cela, comment expliquer le fait curieux que raconte un de ses maîtres? Un jour, une main inconnue écrivit sur le cahier de l'écolier, à la suite de son nom, l'épithôte de cwré... Il s'en indigna sans doute comme d'une espièglerie de mauvais goût; elle avait cependant, pour les enfants qui se la permettaient, une signification. Olivaint gardait, dans son langage et sa conduite, une rigidité scrupuleuse qui les étonnait tous. Jamais un mot ne sortait de sa bouche qui pût offenser la vertu.
C'est que Dieu lui fit cette grâce insigne, de conserver toujours une pureté sans défaillance. Nous en avons la preuve dans une déposition faite, sous la foi du serment, par un de ses meilleurs amis, comme lui, élève d'un grand collège de Paris et de l'École normale, aujourd'hui religieux de la Compagnie de Jésus.
Un jour, — c'était en 1850, à Laval, — le P. Olivaint, causant avec ce cher camarade des années passées ensemble au milieu de tant de séductions et de dangers, lui fit cette confidence : « Grâce à Dieu, dit-il avec émotion, j'ai toujours gardé sous le rapport des bonnes mœurs, finnocence baptismale, et je dois à la très -sainte Yierge d'unir l'intégrité du corps à celle de l'âme. » Il ajoutait qu'il n'était jamais tombé même dans ces fautes passagères où entre plus de légèreté que de malice.
Un autre ami, qui, dès la première enfance, vécut avecPierre dans la plus grande intimité, disait naguère