CHAPITRE VI
ma bonne mère à reconnaître le mystère réparateur de la croix, à se donner de nouveau à Lui avec tout son cœur et tout son amour, avant qu'il ait résolu de la rappeler elle-même ! Les adversités qui nous affligent sont ordinairement des avertissements de Dieu qui veut nous ramener dans la voie.
« Cher frère, comment pourrat-jc jamais reconnaître ton dévouement et celui de nos amis ! Dis-leur et sache bien que, malgré tous les raisonnements que je t'écris et que je me fais à moi-même, je suis profondément affligé, mais que je me ranime en songeant à eux et à toi, que je me repose dans cette amitié qui nous unit et qui n'a pas été une fraternité mensongère. S'il en est temps encore, dis à ma petite m.ère d'embrasser Tlialie pour moi, de lui dire, de ma part, de bien se recommander à Dieu et à la Sainte Vierge et de me donner une dernière pensée avant son dernier soupir. Que je voudrais la revoir encore! Que de choses je donnerais pour avoir ce bonheur!.... «
Lorsque, dans les premiers jours du mois d'août, Pierre quitta Grenoble et revint à Paris, il y trouva sa famifle en deuil, pleurant la douce enfant qui faisait sa joie et que Dieu venait de rappeler à lui. La tristesse inconsolable de sa mère, plus encore que les exigences de ses éludes et de sa santé, lui imposait le devoir de ne plus s'éloigner. Le proviseur du collège Bourbon*, M. Douillet, lui obtint, dans cet établissement, la chaire d'histoire avec le titre de professeur suppléant.