Plus lard lycée Donaparle, puis lycée Fonlanes
i30 PIERRE OLIVAINT.
Ce fut sa dernière année d'enseignement dans l'Université. Le jeune historien remplit avec zèle et talent sa tâche modeste, préoccupé d'être utile et non de briller. Nous n'avons pas à parler d'un cours élémentaire fait à des écoliers par un maître de vingtquatre ans. Aussi bien nous le retrouverons plus tard, dans toute sa maturité, et nous dirons alors comment il comprenait sa difficile mission auprès de la jeunesse, quelle méthode il suivait, de quels principes il s'inspirait, dans le récit et l'appréciation des faits historiques.
Au dehorSj Pierre se partageait entre le soin de sa mère et le service de Dieu et des pauvres. Dieu passait avant tout. Un jour, un de ses amis, désirant ramener à la pratique religieuse un jeune homme encore in-, décis, pensa qu'Olivaint pouvait seul tenter cette délicate démarche. Il se mit donc à sa recherche, courut du quartier latin au faubourg Saint-Antoine où habitait alors Mme Olivaint, et trouva celle-ci toute en larmes. Elle n'avait pas revu son fils depuis le matin, et l'attendait avec une impatience inquiète. L'ami déconcerté revenait sur ses pas, quand, à quelque distance, il se trouve en face de Pierre qui se hâtait vers la maison maternelle.
a Olivaint, lui dit-il brusquement, j'avais besoin de vous pour ramener un tel à Dieu; il sera chez moi dans une heure; mais à parler franchement j'ai peu l'espoir de vous entraîner : votre mère, que je viens de voir, est désolée et ne peut plus supporter votre absence. « Pierre s'arrôta un instant, le front soucieux. Puis