CHAPITRE VI
répliqua-t-il, avec l'aimable vivacité qui lui était habituelle, un chrétien doit toujours êtreprêt à mourir et à communier. »
Le R. P. du Fongcrais rend le même témoignage, ft J'ai eu le bonheur de connaître le P. Pierre Olivaint en 1841, écrit-il, d'abord comme membre, et plus tard comme président de la Conférence de Saint- Vincent-de-Paul. Il y entretenait, sans efîort et par sa seule présence, la piété, la vie, l'entrain et la gaieté. Il possédait l'art de communiquer, dans une mesure convenable à chacun, le zèle dont il était luimême dévoré. Il encourageait les timides, fortiflait les faibles, ranimait les indifférents, et nous électrisait tous.
« Il avait eu, dès le commencement de ce que je ne craindrai pas d'appeler son apostolat, la pensée d'éveiller la foi dans certaines paroisses de Paris où elle paraissait, sinon éteinte, du moins endormie, et, pour cela, il allait avec quelques amis, le dimanche à la messe de huit heures, pour y faire la sainte communion. En voyant ces jeunes gens s'approcher pieusement et modestement de la Sainte Table, les paroissiens toujours assez nombreux à cette messe matinale, s'étonnaient d'abord, puis, faisant un retour sur eux-mêmes, se promettaient de profiter d'un si bon exemple. »
Durant la belle saison, on s'aventurait dans les faubourgs les plus éloignés et jusque dans la banlieue, afin de rappeler la pratique religieuse à ceux qui trop souvent vivent dans une sorte de paganisme.
i38 PIERRE OLIVAINT.
Ainsi, pour ces généreux chrétiens, la sainte communion n'était pas seulement la source inépuisable de la sanctification personnelle et des consolations les plus pures; elle devenait un moyen apostolique d'étendre le règne de Jésus-Christ et de lui conquérir des âmes.
Pierre Olivaint, qui devait consacrer aux enfants la plus grande partie de sa vie, aimait de préférence r(Euvre du Patronage des jeunes apprentis, et n'en parlait qu'avec enthousiasme. « L'enfance ! disait-il*, quoi de plus digne d'attirer notre attention? Notre divin Maître la faisait venir à Lui, et une des gloires de notre saint patron est de lui avoir ouvert un asile. C'est sur l'enfance que reposent toutes les espérances de l'avenir. Quand nous sommes décourages de nos vains efforts pour ramener à la foi des malheureux, abrutis par l'ignorance et la corruption, quoi de plus naturel que de reporter nos soins sur leurs pauvres enfants? Chez eux il n'y a aucune prévention à vaincre, aucun vice à déraciner; il s'agit seulement de leur donner un appui, de leur offrir un abri contre les premières tempêtes, de favoriser le développement des sentiments généreux, naturels à leur âge. Cette tâche est douce, et les fruits qu'elle procure, des plus abondants; il est bien plus facile de maintenir dans le bien des cœurs droits et purs, que de conduire à la pratique des vertus chrétiennes des gens depuis longtemps endurcis dans l'oubli de Dieu. Souvent même il advient que les paroles dites pour