‹ Pierre OlivaintChapitre 78 sur 293 · CHAPITRE VI. \k · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. \k

« ïî en est ainsi du monde moral, du monde des idées, du monde des intelligences : il faut monter pour aller au ciel. Bonum est hic esse\ Viens donc et sois des nôtres ; nous ne sommes pas perdus dans les espaces imaginaires; placés sur la montagne, nous contemplons déplus près le soleil deréternellevérité, et nous sommes tout pénétrés de sa douce chaleur»

« Encore une fois à toi de tout cœur. »

Le Thabor où se plaisait Pierre Olivaint n'était pas, on le voit, la contemplation stérile et l'amour sans effet. Des hauteurs où s'élève la foi, il descendait sans cesse, par la charité, vers toutes les misères. L'une des plus douloureuses est la maladie, qui condamne le pauvre à l'hôpital. Pierre, au chevet des mourants, fut vraiment l'ange de la divine miséricorde. Un jour, par exemple, allant d'un lit à un autre, il détermina cinquante malades à se confesser et à remplir le devoir pascal.

Une fois au moins par semaine il se rendait à l'hôpital. « Souvent, raconte encore le P. du Fougerais, j'ai eu la faveur de l'y accompagner. Dans ces occasions, Olivaint était admirable de piété, d'esprit et de charité. Que dirai-je de sa patience? A quelles épreuves je l'ai vue soumise! Et pourtant elle ne sedémentait jamais. Je me rappelle surtout une circonstance, où elle atteignit un degré vraiment héroïque. S'étant approché du lit d'un jeune mécanicien, très-mal disposé, mais spirituel et railleur, il resta près d'un quart d'heure, sous le feu roulant de ses insolentes

questions, de ses quolibets, de cette verve moqueuse qu'on appelle ïesprit parisien, sans donner le moindre signe de mécontentement ou d'impatience, sans se permettre une seule de ces reparties triomphantes dont il avait si bien le secret. A ce mordant persiflage il n'opposa qu'une parole afîectueuse, un visage calme et un aimable sourire. Mon sang bouillonnait dans mes veines, on eût dit le sien glacé. Lorsque plus tard je lui témoignai mon ctonncment, et quelque peu mon admiration, il se contenta de me répondre : « Notre Seigneur en a bien souffert d'autres I 9

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