‹ Pierre OlivaintChapitre 87 sur 293 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

phèrede doute et d'incrédulité, Xavier avait peine à croire au surnaturel, ;\ l'intervention de Dieu dans les aflaires de l'humanité, et par-dessus tout au miracle et à la prophétie. Il insiste donc pour qu'Olivaint lui écrive sur ces deux derniers points, et celui-ci se rend

son désir avec autant de simplicité que de zèle.

ce Jésus-Christ, dit-il, est le lien de l'Ancien et du Nouveau Testament; Jésus-Christ attendu, Jésus- Christ donné, voilà les deux grands faits des Écritures. Ou promis ou reçu, c'est Lui seul à qui tout se rapporte. Les prophéties et les miracles ne servent qu'à l'annoncer et à prouver sa venue. »

Suit l'histoire des principaux livres de la Bible, et particulièrement du Pentateuque, dont il démontre l'authenticité; il cite à l'appui de la vérité du récit mosaïque les travaux des principaux savants modernes. Il invoque le témoignage des traditions primitives des plus anciens peuples, et indique l'accord des cosmogonies antiques avec les principaux dogmes du christianisme. « Que je te plains, mon cher ami, dit-il à Xavier, de n'avoir pas le temps d'apprendre la religion ! Que de trésors de grâces et de consolations sont perdus pour toi! L'étude comparée des traditions te paraîtrait si intéressante et si belle! Ton cœur se porterait plus facilement vers Dieu ; tu baiserais bientôt avec transport ce livre où le genre humain reconnaît ses titres au céleste héritage, devant lequel la science s'incline et que les Juifs n'ont pas conservé avec une fidélité si opiniâtre sans un dessein manifeste de la Providence. » Puis, après une analyse remarquable des principales prophéties

messianiques, Pierre ajoute : « Tout cela c'est la prophétie; mais, tu le vois bien, la prophétie c'est l'histoire; c'est le peuple juif et c'est l'Église. ^^

L'homme, souvent rebelle au raisonnement, résiste difficilement à l'autorité d'un grand exemple. Historien, Pierre propose à son ami un illustre historien pour modèle.

« Tu as sans doute entendu parler de Hurtcr, l'ancien président du consistoire protestant de Schaffouse, le célèbre historien d'Innocent lil, qui a passé plus de vingt ans à compulser les annales du moyen âge, pour écrire avec impartialité la vie de ce grand pape si sévèrement jugé par le protestantisme et la philosophie. Au commencement de juin de cette année (1844), Hurterfit une visite au Saint-Père, qui lui demanda s'il n'aurait pas bientôt le bonheur de le compter au nombre de ses enfants. Hurter résista à cette voix douce et paternelle. Mais quelques jours après il alla voir un vénérable religieux de l'ordre des Théatins qui, le prenant entre ses bras et le serrant contre son cœur, lui adressa une touchante parole de l'Écriture dont voici le sens : « Pourquoi tardes-tu à suivre la voie du Seigneur? Tu attends à demain, mais peut-être il n'y aura pas de lendemain pour toi. » Il y eut un lendemain pour Hurter, et ce fut le plus beau jour de sa vie. Résolu d'obéir enfin à la grâce qui le pressait depuis longtemps, il fit demander au pape quel jour il pourrait abjurer ses erreurs; et le 21 juin, fête de saint Louis de Gonzague, ce vieillard h cheveux blancs, ce savant illustre s'avançait à la sainte Table pour y recevoir son

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