CHAPITRE VII
dans mon cœur et auquel j'impose silence jusqu'au jour où Dieu me permettra de l'accomplir. Sa vigne est partout et, si nous avons la bonne volonté, la sainte besogne ne manquera pas. »
Pierre et Xavier, dès qu'il était question de dévouement, s'entendaient à merveille.
« Ne me disais-tu pas l'autre jour, mon ami, qu'un avocat chrétien, s'il avait en même temps le talent et le courage de ses convictions, aurait facilement pour le bien une grande influence et que mieux que personne il pourrait exercer un fécond prosélytisme? Et moi, je me rappelais, en t'écoiitant, ces paroles du roi Agrippa à saint Paul enchaîné qui plaidait devant lui sa cause : « Peu s'en faut, ô Paul, que vous ne me « persuadiez d'être chrétien *. » N'est-il pas vrai, mon cher ami, que tu as formé quelquefois ce vœu dans ton cœur? Puis d'autres vœux sont venus qui ont détourné tes regards du côté du monde, et Dieu a été oublié une fois de plus. Il te conviendrait bien cependant, mon cher avocat, d'avoir Dieu pour client, et sa cause est assez belle ...
« Mais sans parler de cette influence qu'il te serait peut-être donné davoir sur de grandes assemblées, crois-tu que Dieu n'attend pas quelque chose de toi dans ta famille? Les succès que tu as obtenus t'élèvent au-dessus des tiens, ils te regardent déjà comme un homme supérieur, comme un oracle : ils seront ce que tu seras toi-même; leurs enfants, leurs petitsenfants hériteront de ton ouvrage. Que tu veuilles ou