‹ Pierre OlivaintChapitre 9 sur 293 · Le R. P. Olivaint, Journal des Retraites, t. I, p · texte numérisé non relu

Le R. P. Olivaint, Journal des Retraites, t. I, p

Id PIERRE OLIVAINT.

me bien mon père, dit-il, et j'aime bien ma mère ; cependant il y a dans raffection que j'ai pour eux une nuance. Supposons que mon père fût en danger de mort et qu'il fallût, pour le sauver, boire du poison; je demanderais : n'est-il pas quelque autre moyen de salut? Si l'on répondait non, je viderais la coupe. — S'il s'agissait de ma mère, j'avalerais le poison d'un trait, sans rien demander. »

Une âme si bonne, si admirablement préservée, devait spontanément s'ouvrir à la grâce divine ; c'est d'elle qu'on pouvait dire aussi :

Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne.

Un malheur affreux, laissant après lui un immense deuil, la contraignit à se tourner du côté du Ciel.

Le père de Pierre Olivaint, cruellement déçu dans son espoir de faire fortune et cédant à la manie de la politique, écrivit dans les journaux, et se créa de la sorte de nombreux ennemis. Ruiné une première fois et retiré à Essonne, il en revint après 1830, et obtint, par la faveur de ceux dont il partageait les opinions, la charge modeste de garde-magasin des farines au Grenier d'abondance.

Cinq ans après, il mourut tristement*, sans avoir recouvré la foi et l'amour de Dieu, seul trésor que l'homme puisse toujours gagner et ne perdre jamais.

Cependant, les desseins de la Providence sont impénétrables, et qui sait si celui qui lit dans l'avenir,

l. 5 avril 1835.

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