‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 116 sur 306 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

qu'il chérissait tant, ne put néanmoins dissimuler sa joie.

C'était vers la fin de Tannée 1844 ; il se disposa dès lors au départ et" ne fit plus mystère de sa grande détermination. « Au moment de dire adieu à ses amis, à ses vieux amis, » il voulut leur laisser de bons conseils et d'affectueux souvenirs.il écrivait à l'un d'eux: « Je t'envoie une petite image de saint Stanislas, avec une des paroles les plus simples et les plus touchantes de l'Évangile : Si scires donum Deill Je t'en prie, mon cher ami, lis ce beau chapitre de l'Évangile. C'est un de ceux assurément dont « la simplicité parle le plus au cœur, » selon la parole de Rousseau, et où la divinité du Sauveur se fait le plus délicieusement sentir. Si scires donum Dei!... Que de vœux je forme pour toi en redisant celte parole 1 Puisses-tu me dire bientôt comme les hommes de Samarie à la Samaritaine : Jam non propter loquelarn tuam credimus; ipsi enim audivimus et scimus quia hic est vere Salvator mundi2. Ah ! si tu pouvais encore lire, mais à genoux, mais en priant, le vie et le xv« chapitre de saint Jean, par exemple.... Si scires donum Dei!...

« Je ne pourrai t'aller voir demain soir. Je le regrette bien, puisque c'était pour moi une occasion

1. Si vous connaissiez Je don de Dieu! C'est ce que disait Notre-Seigneur à la Samaritaine, dont saint Jean raconte la ravissante histoire, au chapitre rv de son Évangile.

2. « Désormais ce n'est plus sur votre parole que nous croyons; cor nous l'avons nous-mêmes entendu, et nous savons que Celui-ci est vraiment le Sauveur lu monde. »

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de voir aussi ma chère et bonne petite mère. Dis-lai bien que j'en suis très-fàché, parce que je l'aime de tout mon cœur.... Mais dimanche prochain m'irait assez, pour une petite réunion comme la petite mère le désirait. Il y aura sans doute moyen d'arranger les choses de manière qu'après déjeuner je puisse aller à Notre-Dame entendre le P. de Ravignan. Si cependant, pour faire ce plaisir à ma mère et à toi, il fallait manquer la conférence, je ne demande pas mieux. Mets-toi donc, bien cher ami, tout à ton aise.

« J'ajoute à l'image de saint Stanislas deux petites prières que je te conjure de mettre aussi dans ton livre et de dire quelquefois à mon intention, comme aussi pour le salut de ton âme : l'une, le Memorare, est celle que Ratisbonne avait consenti à dire à la sollicitation de M. de Bussières, et tu sais par quelle grâce il a été récompensé de cet acte de bonne volonté; l'autre, est le Suscipe de saint Ignace, admirable consécration de l'être tout entier à son Seigneur et à son Dieu : c'est en quelque sorte ma prière favorite et je la dis je ne sais combien de fois chaque jour. Je la confie, ainsi que le Memorare, à la mémoire de ton cœur, à ton amitié pour moi, à ton amour pour Dieu, à ta bonne volonté, à ta foi naissante. C'est que je crois à ce que dit saint Thomas : que Dieu, plutôt que de permettre la perte de l'homme de bonne volonté, lui enverrait un de ses anges. Puisse la jeune fille qui t'est destinée venir à toi comme un ange de Dieu !

« Tout à toi, bien cher petit ami, tout à toi; je

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