‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 13 sur 306 · PIERRE OU VA IX T · texte numérisé non relu

PIERRE OU VA IX T

nous fait tous deux quelques pas l'un vers l'autre, pour nous dire les choses que nous nous sommes dites? Le moment de notre liaison se rattache à un souvenir douloureux de mon âme, tu le sais, mon ami. Je venais de perdre mon père; et quand, dans un découragement profond, j'avais bien besoin d'être consolé, tu as, sans le savoir peut-être, beaucoup fait pour me rendre espoir et courage. Dieu fait naître le bien à côté du mal; et le bien était alors pour moi dans une source cachée à laquelle je ne pensais pas, je veux dire dans ton amitié.

«Tu m'as parlé des idées qui te soutenaient, et je sens déjà qu'elles me soutiennent ; car ces idées sont nobles, pures, religieuses; et si je puis marcher dans la voie comme je le veux, je t'en devrai quelque chose. Il me semble déjà, depuis que je te connais, que je suis moins mauvais qu'auparavant. C'estpour cela, Henri, que je mabandonne à toi avec un si grand entraînement; c'est pour cela que j'éprouverais tant de peine, si notre amitié se brisait.

« Mais ici il me revient un passage que nous avoue lu tous deux dans Sainte-Beuve; celui, tiTt'en souviens, où il parle des amitiés consacrées par un commerce intime de religieuses pensées, et en quelque sorte par le nom de Dieu lui-même. — Veux-tu qu'il en soit de notre amitié comme de celles dont Sainte- Beuve parle dans son livre; qu'elle soit ferme et inaltérable? Marchons ensemble, ami, soutenons nous l'un l'autre, apprenons-nous l'un à l'autre à devenir des hommes de bonne volonté. ( Combien cette expression est sublime.') Qu'importe si no- s n'avons

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