CHAPITRE XVI
retard justifié par toutes les préoccupations de la vie active, surtout si la guerre éclate1. »
Tant de prières ferventes touchèrent le cœur de Dieu. Le vieux maréchal sentit la lumière se faire dans son esprit, tous ses doutes se dissiper et un mystérieux attrait le pousser dans le sein du catholicisme. Il s'en ouvrit, avec sa franchise habituelle, à celle qui n'avait vécu que pour lui obtenir ce bonheur. La mort, disait-il, approchait : ceux que réunirait la môme tombe, devaient avoir une même foi ici-bas, afin de se retrouver ensemble dans une autre vie.
« Magnificat!... Te Deumf... s'écria le P. Olivaint avec transport. Voyez-vous que la sainte Eucharistie a exercé sur lui sa toute-puissante influence! Je ne saurais vous dire à quel point je partage votre joie. »
Peu de jours après, eut lieu la première entrevue du maréchal avec celui qui depuis si longtemps s'intéressait à son âme. L'entente s'établit aussitôt. « Le bon maréchal, écrivait son nouveau guide, a une droiture et un mouvement du cœur qui me touchera profondément. »
Enfin, après que le noble vieillard eut été suffisamment instruit du dogme catholique, le jour fut fixé pour sa réconciliation avec la sainte Église. Le 22 décembre 1867, dans l'humble chapelle d'un orphelinat, en présence du P. Olivaint et de deux témoins, le maréchal déclara « reconnaître l'Église catholique pour la seule véritable Église, faire profession de la