‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 292 sur 306 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

tyrs, une journée mémorable. Au dehors, la ville en feu retentissait du fracas de l'horrible bataille; au dedans, un silence mystérieux régnait dans les cellules transformées en autant de sanctuaires. Le P. Olivaint porta la sainte communion à Mgr l'archevêque de Paris et à Mgr Surat ; le P . de Bengy, à M. Deguerry, curé de la Madeleine. La manne divine se multiplia si bien, que chacun des prêtres enfermés dans le corridor du premier étage, en reçut une parcelle. Les laïques, qui tous avaient le pardon sacramentel, s'unirent par la foi et le désir à ces agapes dignes des catacombes.

Le moment était solennel. Le pouvoir insurrectionnel, refoulé de toutes parts, était venu s'installer dans la mairie du XIe arrondissement, à deux cents mèlres à peine de la Roquette. Les bourreaux étaient à portée des victimes. Le jour s'achevait, quand le pas cadencé d'une troupe d'hommes en armes retentit dans l'escalier et les corridors. Qui allait mourir? Les otages, l'œil au petit judas de leur porte, regardaient et attendaient. Une voix forte retentit : « Darboy ! » A l'extrémité du couloir, l'archevêque, d'une voix trèscalme, répondit : « Présent ! » On appela successivement ainsi M. Bonjean, M. Deguerry, les PP. Clerc et Ducoudray, l'abbé Allard. Pour cette fois, ce fut tout ; le lugubre cortège s'éloigna, et le silence se fit dans la quatrième section. Quelque temps après, on entendit deux feux de peloton successifs et quelques coups de fusil isolés. Il était alors huit heures moins un quart du soir.

Les survivants à genoux dans leurs cellules, priè-

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