‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 45 sur 306 · Notice sur le P. Hernsheim, par le R. P. Danzas, p · texte numérisé non relu

Notice sur le P. Hernsheim, par le R. P. Danzas, p

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furent mis seuls dans le secret, et ce jour-là ils remercièrent avec une extraordinaire ferveur Notre- Dame des Victoires. De temps en temps, par la même voie, leur arrivaient des nouvelles du convalescent. Il disait à son ami : « Tu ne m'as pas blâmé; cela ne m'étonne pas. Sous ta légèreté il y a quelque chose de sérieux ; mais ton esprit, dis-tu, se révolte. Il y a deux choses très-propres à nous jeter dans les bras de la religion : le loisir et la pensée de la mort. Le loisir, ne la pas qui veut ; la pensée de la mort, on peut l'avoir au milieu de ses occupations mêmes. Essaye de ce moyen, et tu verras ce qui en résultera. Pour moi, la maladie m'a donné et le loisir et la pensée de la mort, ce qui fait que mon cœur est devenu meilleur et mon âme plus éclairée et plus tranquille, à mesure que mon corps s'en allait. Cependant j'ai bien à faire, et que je me trouve petit et misérable quand je lis la vie de ces martyrs qui se sont fait rôtir sur des grils et ouvrir les entrailles avec des fers ardents plutôt que de renier le Christ!... »

Hernsheim ajoutait : « Tu peux dire à tes camarades, auxquels cela ferait plaisir, ce que tu sais. Je te délie la langue. Je m'imagine qu'ils auront de la peine à te croire! Il faut nous repentir, mon cher ami, de nos frivoles médisances de l'an dernier. Quanta moi, je suis à présent lavé de ces fautes, dont le souvenir me déplaît. Peut-être mes lettres sérieuses te déplaisent-elles aussi et me traites-tu de sermonneur? S'il en est ainsi, dis-le-moi franchement. »

Tout au contraire, l'ami léger et incroyant était vivement ému et recueillait avec empressement ces

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