L.V VIERGE MÈRE
les admire en fermant les yeux sur la vulgarité par trop naturaliste du type de la mère et sur la lourdeur embarrassée des draperies. Puget, toutefois, ne fut pas mécontent de son œuvre, car il en fit faire par Christophe Veirier une réduction également en marbre, dont il ne se sépara jamais. On la retrouve portée à son inventaire : « Une Vierge de marbre coppie d'après sieur Puget dans sa niche. » Cette copie, vraisemblablement retouchée par le maître, appartient à un amateur de Marseille.
Vers la môme époque, s'il laut en croire Bourgerel et les récits dont il s'inspire, Puget aurait eu encore à traiter un sujet analogue. Le duc de Mantoue lui avait demandé un bas-relief représentant V Assomption de la Vierge.
Quand il fut fini, il l'envoya au duc ie Manloue. Celle pièce fit un si grand bruil, que le cavalier Bcriiin qui venoit en France, fut exprès à Manloue pour la voir : et ce grand homme, après l'avoir attentivement considérée, convint que c'étoil un ouvrage d'une très-grande beauté. Le duc de Manloue qui avoit depuis longtemps envie d'attirer Puget dans ses Etats, envoya à Gènes deux de ses gentilshommes pour l'emmener. Ces gentilshonunes l'assurèrent, de la part du prince, qu'il vouloit le récompenser d'une manière digne de lui. Comme les conditions qu'ils lui offrirent, étoienl très-honorables, il se rendit facilement, et se prépara à partir avec eux. Mais Dieu en avoit disposé aulrement ; GU' le jour d'avant leur dépari il apprirent la mort de ce prince, 11 sembloit que la fortune envioit à ce grand homme la r('(()nipcnse qu'il mériloil. Celle perte lui fui très-sensible ; mais elle n'alialtit pas son courage, et ne refroidit luillemenl l'envie ipi'il avoit de s'immurlaliser dans son art. Les Génois le consolèrent par leurs caresses et par leurs bienfaits.
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A dûfanl de. détails précis et plus inlcrcssanls sur la i\içon dont Piigct avait compris son premier bas-relief, Bougercl nous en donne, sans s'en douter, la date cerlaiiie. C'est au mois de mars 1665 que le Bernin se mit en route pour la France, C'est la môme année que mourut, à l'Age de trcutecinq ans, leduc deMantoue, Charles II, auquel succéda son fils Ferdinand-Charles, âgé de treize ans. Le bas-relief de V Assomption a donc été terminé au commencement de 1665, et Bougerel commet une grave erreur, lorsqu'il intercale dans l'histoire de cet ouvrage l'anecdote qui aurait obligé Pugel à quitter Gênes. En effet, n'oublions pas qu'au mois d'octobre 1660,Puget était encore à Toulon, Quatre ans lui auraient donc suffi pour produire VHercule Gaulois, V Alexandre Sauli, le SaiiH Sébastien, la Conception, la Vierge de Carega et le bas-relief du duc de Mantoue? C'est aller un peu vite en besogne. Un document écrit nous permettra d'assigner au départ de Puget une date plus vraisemblable. Mais d'abord achevons de décrire les œuvres dont il dota Gènes la Superbe.