‹ Pierre PugétChapitre 21 sur 232 · AITEL DR SAINT-CYR · texte numérisé non relu

AITEL DR SAINT-CYR

Aux protecteurs que nous connaissons déjà, le temps en avait ajouté d'autres. Pendant que les Sauli, de plus en plus satisfaits de leur sculpteur ordinaire, lui demandaient un projet de maître-autel à baldaquin pour la basilique de Carignan, les Doria le pressaient de leur faire un dessin d'église et lui promettaient la direction de l'édifice. D'autre part, les Spinola lui arrachaient un groupe représentant, dit-on, VEnlèvement (rUélène^ dont je n'ai pu retrouver la trace. Enfin, un membre de la famille de Mari ni, devenu théatin et portant dans le cloître les traditions de libéralité de la noblesse génoise, s'adressait à Puget pour décorer l'église de son ordre, consacrée à saint Cyr, l'un des patrons de Gênes. Déjà Puget avait travaillé avec Jean-Baptiste Carlone à la peinture de la coupole : du moins Bougerel le raconte, et le fait n'a rien d'impossible. Mais l'assertion de l'historien provençal ne suffit pas à l'établir contre le silence des historiens génois, tandis que nous avons une peuve irrécusable des travaux ultérieurs de Puget dans l'église de Saint- Cvr.

86 l'ir.iiiii: l'iir.r.T.

11 s'agit celle fois, non plus d'un prrtjol (rniilol, mais (lu maître-aulel lui-même, c'est -à-dire d'une vaste composition coulée on bronze et comprenant, outre le ci-ucifix, plusieurs figures d'anges et de chérubins, sans parler des l'euillages, rinceaux cl ornements de toute sorte qui se mêlent aux marbres les plus précieux. L'ouvrage ne fut achevé qu'en 1670, après avoir coûté environ huit années de travail. La commande daterait donc de JC02 on IGOo au plus tard.

Grâce à l'obligeance des pères théatins qui desservent l'église de Saint-Cyr, j'ai pu relever, dans les archives du couvent, un document singulier, que je vais traduire d'un bout à l'autre, d'abord parce qu'il nous fait connaître, en toutes ses particularités, l'œuvre de Puget, et surtout parce qu'il montre jusqu'où allait à celte époque l'émulation, ce n'est pas assez dire, la jalousie du beau. Le registre auquel je l'emprunte est intitulé : « Annales de la maison et église des liR. Pères clercs réguliers dits Théatins de Saint-Cyr dans la ville de Gènes, écrites depuis sa fondation en 1572 jusqu'en 1651 par le père don André Sottani, Génois, et continuées jusqu'à la présente année 1741 par le père don Innocent-Raphaël Savonarole, Padouan, tous deux de la même congrégation, transcrites par le R. prêtre don Thomas Lupi, du bourg délie Spezie, chapelain de l'église de Saint-Jean-Raptiste

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