‹ Pierre PugétChapitre 22 sur 232 · AUTEL DE SAINT-CYP · texte numérisé non relu

AUTEL DE SAINT-CYP

à San Pier d'Arcna. » — C'est donc un Savonarole qui parle, et voici ce qu'il raconte, à l'année

Ce fut une grande consolation pour notre maison que l'arrangement conclu avec les héritiers de Gianetto Spinola, Leonardo Salvago et Jean-Baptiste Imperiali, pour la mise en place du nouveau maître-autel, tout en marbres précieux et en magnifiques sculptures de bronze, qu'avait fait faire, en y dépensant 53,000 livres, le père don Alexandre Marini. Lesdits seigneurs, investis du patronage (iuspadronato) de toute la chapelle et du chœur, mais nullement obligés, ainsi qu'ils conste des actes, à renouveler le maître-autel, prétendaient que l'ancien restât en place, ou bien, s'il s'en faisait un autre par n'importe quelles mains, ils prétendaient entrer en }>ossession de ce nouvel autel, comme d'une chose à eux appartenant, et, pour cola, y mettre les armes de la famille Spinola en signe de patronage. Après plusieurs réunions et conférences pour trouver un accommodement à cette affaire, on convint enfin de dresser par-devant notaire une déclaration dans laquelle, sans indiquer ni que l'autel avait été fait aux frais des pères, ni aux frais de qui il avait été fait, on se bornerait à dire que les Spinola n'y pourraient jamais placer leurs armes, mais que le tout n'en resterait pas moins soumis au même patronage, et c'est ce qui s'accomplit en effet, au moyen de deux actes dressés par Jean-Baptiste Borsotto, l'un en date du 19 avril, l'autre du 21 mai de l'année courante. Toutefois, afin que le souvenii' de l'œuvre et du bienfait du père Marini ne se perde jamais, je transcris ici ce que je trouve enregistré au livre des |irocès-verbaux du chapitre, sous la date du 19 avril. — « Le père don Cbarles-Marie Spinola, préfet, a représenté que, si l'on doit, dans la déclaration à faire en faveur des héritiers de Giancttino Spinola, déclaration qui reconnaît leur droit de patronage sur le chœur et le iiiaîlrc-autcl de l'église de Saint-Cyr, en vertu des actes des notairesBarthélemy Borsotto en 1G56 et Jean- Thomas Salmerio en 1655, par lesquels le droit en question se trouve confirmé aux héritiers fidéi-commissaires ; si Ton doit donc omettre cette particularité : Autel fabriqué par les pères à leurs propres frais, que le chapitre du 16 courant avait décidé d'y inscrire, comme un hommage et une satisfaction légilinic réclamée

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pnr \o Itère don Alf-xandro Marini, auteur dudil autel, si maintenant Ton doit taire dans la convention aux frais de (]ui ce nouvel autel a été construit, c'est néanmoins un devoir de consigner dans le livre des chapitres de la maison la vérité des fuits, à savoir que cet autel, qui est deinarl)rc noir, orné de bronzes dorés et de pierres rart-s, a été exécuté d'après un superbe dessin par l'ordre du père don Alexandre Marini, avec les deniers fournis à cet effet en quantité considérable par le seigneur Paul de Marini, son frère, et, si Ton enregistre ainsi le nom de ce père, c'est afin de ne pas perdre le souvenir de l'auteur d'un tel bienfait, et de pouvoir prier pour lui et sa famille. Cette jtroposifion a été adoptée à l'unanimité. Et, pour qu'on n'ignore pas l'origine et le motif de la construction de ce nouvel autel, il convient d'ajouter que cette bonne pensée qu'eut le père Alexandre d'ériger ledit autel, lui a été suggérée par son dévouement toujours vivace aux intérêts de notre maison et de notre église, son cœui- souffrant d'y voir une telle profusion de marbres, de peintures et d'or, pendant que le mailre-autel, c'est-à-dire Dieu lui-même, restait seul sans ornements proportionnés à la beauté et à la richesse du chœur, et sans qu'on put espérer de l'en voir jamais décore, puisque les héritiers du seigneur Giauettino Spinola se trouvaient libérés de l'obligation où ils étaient de le faire, en vertu d'un acte de 1G36, et par une quittance en faveur des pères le 18 juin iOfiS, aux minutes de Jean-Antoine Salmerio, et par le payement de 3,500 livres versées entre les mains des pères et de leur procureur don Paul Lercaro le 17 avril 1655, payement qui libère lesdits seigneurs de tout complément de travail, au dallage, aux balustres, aux marches des balustres, autant dire au chœur , qu'ils étaient comme on l'a dit, obligés de décorer; et plus encore (ce qui lui suggéra cette pensée) ce fut le zèle de ce bon père pour remettre en plus grand honneur les reliques de nos quatre saints évêques de Gênes, Félix, Valentin, Rémi, et Cyr, ce dernier protecteur de Gènes et journellement invoqué dans notre église par les personnes affectées de maux d'yeux qui viennent demander qu'on fasse sur elles un signe de croix avec l'anneau du saint évêque, lequel anneau est du quatrième siècle, ainsi que nous l'apprend le pape saint Grégoire. Ces saintes reliques demeuraient enfermées dans l'autel de l'Assomption de Notre-Dame sans aucun signe extérieur, sans que le peuple en sût rien ; maintenant elles sont placées dans l'urne de ce nouvel et magnifique autel, sur les faces duquel on a pratiqué

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