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Que je ne m'oblige dans le trauail que pour deux ans

11. Que sy on baslit fabriques de pierres dans l'Arsenal ou hors de l'Arsenal despendant de la marine, j'en veux ostre l'architecte, et eu donner les dessains.

110 j'iKuni-; vu, VA.

Jl suflil de lire cos condilions pour deviner l'iinprcssion qu'elles j)i'odiiisirent sur Sa Majesté Colberl. Ses relations avec les artistes de V^ersailles, les Le Brun, les Mignard, les Girardon, ne l'avaient pas habitué à tant d'orgueil. Un artisan provençal se croire nécessaire à la gloire de la nation ! un ouvrier prétendre au rang d'oflicier ! On dut en rire dans les bureaux des bâtiments du Roi. El cette dictature absolue sur les vaisseaux, sur les constructions, comment la concilier avec le bien du service? Que devenait la centralisation? Oue dirait M. Le Brun, si Ton créait à Toulon, au profit d'un inconnu, une royauté rivale de la sienne? iSous n'avons pas la réponse de Colbert. On peut y suppléer par le récit des faits qui suivirent. Ils nous montreront quel coup terrible Puget s'était porté à luimême en avouant sincèrement ses prétentions. A partir de ce jour, Colbert ne devait voir en lui qu'un incapable ou un fou.

Pour prouver à d'Infreviile qu'on pouvait se passer de cet insolent ouvrier, Colbert lui envoya Girardon, une de ses créatures de Versailles. Celui-ci se contenta d'une simple visite, au mois de juillet 1(367, et se hâta de revenir, rappelé par des affaires de famille et par des travaux qui lui tenaient bien plus à cœur. Quelque temps après, comme il fallait songer à la décoration du Royal-Louis., alors sur le chantier, d'Infreviile imagina de mettre le projet

GIRARDON. m

im concours, entre Nicolas Lcvray, J,-B, de La Rose, et un sciilplcur flamand nommé Rombaud Languenu, alors âgé de trente ans, auteur d'un grand travail de sculpture en bois pour la cathédrale de Toulon. Puis, une fois en possession des trois dessins, au lieu de choisir, il les envoya à Paris, ou plutôt à Versailles, en chargeant Rombaud Languenu de les présenter à Golbert.

C'était à Le Brun de prononcer. Mais les inventions provinciales du trio toulonnais lui parurent répondre si mal à l'idée d'un vaisseau nommé le Roijal- Louis^ qu'il fit lui-môme un quatrième dessin, et, de peur qu'une œuvre aussi excellente ne fût maltraitée par les manouvriers de l'arsenal, Colbert décida qu'un véritable artiste irait diriger le travail. Il désigna encore Girardon.

Cette fois, Girardon commença par dépêcher en avant, en môme temps que Rombaud Languenu, porteur du dessin de Le Brun, un de ses praticiens nommé Turaut ou Taureau. Puis, il arriva en personne le 27 mars 1668. Il trouvait à l'arsenal trois sculpteurs en position de maîtres : Nicolas Levray, Gabiiel Levray, son fils, et Rombaud Languenu. Taureau obtint immédiatement une position égale. A chacun de ces quatre artistes, Girardon conlia une escouade, ou escadre, d'ouvriers, et il en plaça une cinquième sous les ordres d'un ornemaniste, Guillaume Gay. C'était, en tout, une troujiede qua-

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