‹ Pierre PugétChapitre 32 sur 232 · PUGET A MARSEILLE · texte numérisé non relu

PUGET A MARSEILLE

jalousie eiilre nos ouvriers ; je f'eniy bien mon possible pour les tenir en leur devoir, mais il est absolument nécessaire d'avoir un commandant comme le sieur Girardon ou une personne de sa suffisance pour conduire un sy bel ouvrage et assujettir les gens de ce mestier, qui ne se gouvernent pas comme les autres artisans, cet art n'estant pas commun et dont le mérite n'est connu qu'à ceux du mestier. » — Girardon, lui aussi, dut parler comme d'Infreville, et Colbert se laissa facilement convaincre, en réfléchissant à tout ce qu'il se préparait d'ennuis pour l'avenir, s'il lui fallait, à chaque nouveau vaisseau, envoyer de Paris un dessin et détacher un sculpteur du service de la cour. C'est alors que le nom de Puget sortit de ces trois bouches, tant il était, comme on dirait aujourd'hui , l'homme de la situation.

Mais où se trouvait alors maître Puget? Nous l'avons laissé à son départ de Gênes, faisant voile vers Marseille, où il espérait obtenir aussitôt des travaux importants. Son espoir fut déçu. Les échevins avaient les mains liées par des Irai tés antérieurs. La seule part qu'ils purent laisser prendre à Puget dans les agrandissements de leur ville fut le prix

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fîiil d'une des portes de la nouvelle enceinte, « j)ioclie le couvent de TObservance. » Il lu; s'agissait point d'art, maisseulenient d'une hesogned'enlrepreneur. Puget s'associait à un maçon nommé Dominique Conssolin; tous deux se qualifiaient tailleurs de pierres et se contentaient de 700 livres. L'acte porte la date du 23 septembre 1G67.

L'aubaine était mince pourTauleur du Saint-Sébastien. Il se retourna d'un autre côté. L'intendant des galères, Arnoul, s'occupait de compléter les constructions de l'arsenal de Marseille. Puget lui offrit ses conseils, et nous verrons que l'intendant sut en profiter. Mais, pas plus que les échevins, il ne pouvait employer Puget à un ouvrage de quelque importance sans l'agrément des ministres, et les ministres ne connaissaient pas Puget, Celui-ci comprit bien vite ce qu'il avait à faire. Le 51 janvier 1668, les échevins écrivaient au cardinal de Vendôme :

— c< Hier le fils de M. Arnoul (l'intendant des galères) party pour Paris. M. Puget l'accompagne. Il se pourroil qu'il fist quelque proposition pour l'agrandissement de nostre ville. »

Mais ne s'était-il pas déconsidéré par l'excès de ses prétentions ? Une lettre du duc dcBeaufort, citée plus loin, prouve qu'en 1669, Puget n'avait pas encore eu l'honneur d'entretenir Colbert. Et cependant, le ministre s'occupait autant.de l'agran-

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