‹ Pierre PugétChapitre 48 sur 232 · QUATRIÈME PARTIE PllGET ARCHITECTE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE PllGET ARCHITECTE

Lorsqu'on suit, à travers ses péripéties étranges, le drame héroï-comique de l'arsenal de Toulon, il semble que Tactivité de celui qui y jouait le rôle principal dut s'y dépenser tout entière, absorbée par tant de travaux et par les ennuis qu'ils traînaient avec eux. On aurait tort de le croire. En résumé, l'application de l'art aux constructions navales ne prit que la moitié de cette période de la vie de Puget qui s'étend de 1668 à 167'2. Si, revenant à notre point de départ, nous nous tournons du côté de Marseille, nous y verrons le même homme, tour à tour peintre, sculpteur et décorateur de vaisseaux, ouvrir à son génie une porte nouvelle en s'improvisant architecte.

152 l'IKIIIlK PIT.KT.

fiO momoni paraissait hion choisi. Pug^ol, à son reloiir (lo ri(Mies,(rouvail Marseillo en travail. Après (le lonp^iios lullos inleslines, d('poiiillce enfin de ses liluM'Irs municipales, et désormais assouplie au dcvoii' (le ll<l('lil(', l'indolcnlc et mobile cité des Phocéens s'était vue contrainte de prendre part au grand mouvement de rénovation qui s'étendait de Versailles et de Paris à toutes les parties du royaume. Bon gré mal gré il lui avait fallu se résoudre à marcher avec la France. Il avait fallu adopter le mot d'ordre national, la volonté du roi. Or la volonlé du roi, plus d'une fois déclarée, était de faire de Marseille une ville grande et belle.

Delà, une double nécessité : s'agrandir et s'embellir. Des lettres patentes du mois de juin 166G imposèrent l'agrandissement. Un arrêt du conseil en fixa les limites. La ville, en défiance d'elle-même, se mit entre les mains d'un traitant ou partisan, lisez d'un capitaliste — moyen banal, mais qui n'a pas vieilli — jusqu'au jour où les exigences de ce dernier amenèrent une rupture, soldée, comme toujours, par une forte indemnité. Quant à l'embellissement, il consistait seulement alors danslaconslrnclion de l'hôtel de ville, œuvre bâtarde commencée on ne sait quand ni par qui, et poursuivie tant bien que mal sur des plans hétérogènes. Les ouvrages de sculpture décorative venaient d'être confiés, le 27 avril 1(507, à un maître marbrier du

Page 1