EMBELLISSEMENTS
Clins bastimeiis sans sa participation. » Et, quelque temps après, le 25 septembre, il écrit encore au même, c'est-à-dire à Arnoul : « Sur les difficultés que vous avez avec les échevins de Marseille et sur la proposition que vous faites d'establir Puget pour voyer, vous devriez examiner un peu la suite que doit avoir une affaire de cette nature, » Le doute n'est plus permis. Evidemment les échevins empruntèrent au plan de Puget ses principales divisions, ses grandes lignes. Mais Puget, en traçant à travers la ville de Marseille la voie grandiose qui commence à la porte d'Aix et linit à la porte de Rome, avait peut-être rêvé de lui donner partout la même largeur, et cette largeur fut réduite avant et après le cours. Peut-être conçut-il l'idée de couper cette première voie par une autre non moins large, de l'arsenal à la porte Noailles, et celle-là aussi fut réduite à la Canebière', On ne peut refuser à Puget l'honneur de ces conceptions marquées au coin du génie. De même, le dessin représentait sans doute les deux principales artères de l'agrandissement bordées sur tout leur parcours d'édifices uniformes,
* La Canebiùrel il l'iuil bien la nommer par son nom, celle rue célèbre entre toutes dans les lastes de la iilaisanterie. « Si Paris...» On sait le reste; mais on ne sait pas sur quelle base sérieuse s'appuyait la vanité tant bafouée des Marseillais. A une épo(pie où tous les ports étaient fermés du côté des villes par de hautes murailles, connne l'est encore le port de Gênes, ce fut une grande nouveauté et un légitime sujet d'orgueil vis-à-vis des Italiens et des Espagnols, qu'une rue ouvrant directement sur le port, et donnant à la ville la perspective pillorcsquc des navires mouillés le long des quais.
102 PIEHRE PUGET.
plus semblables à des palais qu'à des maisons, el là eneorc l'économie communale réduisit le projet sans abandonner l'idée primitive. Il suffit de jeter les yeux sur les maisons qui subsistent encore à Marseille de chaque côté du cours Saint-Louis et à l'angle de ce cours et de la Canebière. Il y a là un ensemble de constructions brusquement interrompu, dont le style homogène paraît emprunté aux palais génois, et, si l'on compare ce style à celui que Puget adopta pour sa maison de Toulon, il deviendra impossible de ne pas assigner à ces édifices presque identiques une origine commune. Les maisons du cours Celsunce, malgré leur diversité, ont aussi un air de ressemblance. Les balcons à cariatides, dont quelques-unes sont ornées, n'ont pu être imaginés que par l'auteur des Cariatides de Toulon. Seulement, il les avait distribués de chaque côté suivant une ordonnance symétrique, et la liberté rendue aux constructeurs a détruit cette symétrie. Si l'on descend à l'examen des détails, les mascarons, les mufles, les clefs de voûtes, les frises d'ornements, les rinceaux, les lignes des volutes, la forme des divers membres, tout, dans le décor aussi bien que dans l'architecture, présente une analogie frappante avec les œuvres incontestées de Puget. Ses deux maisons, celle de Toulon et celle de la rue de Rome à Marseille, attestent suffisamment son talent d'architecte. Or, les prédilections dont elles témoignent