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CONSTRUCTIONS DE PUGET

se reiroiivent agrandies, amplifiées, embellies, dans les édifices du cours Saint-Louis.

Puget s'inspire de Gênes. C'est à VAlbergo de' Poveri, c'est aux palais de cette riche cité qu'il a emprunté son système d'architecture. Un soubassement rustique, comprenant le rez-de-chaussée et l'entresol, des pilastres dessinant le corps principal composé de deux étages, et, au-dessus d'une corniche à saillie fièrement accusée, des mansardes formant attique, tels en sont les traits généraux. Des divisions aussi larges et si bien soutenues donnent aux constructions du cours Saint-Louis un incontestable caractère de grandeur, de richesse, de puissance. Elles ont le mérite d'être rationnelles, de se modeler sur les dispositions intérieures et de s'approprier aux besoins de la vie. L'ensemble porte le même cachet de science et d'art personnel qui caractérise toutes les œuvres de cet homme étrange, aussi habile architecte qu'il était grand sculpteur.

Il arriva donc que Puget vit ses plans et ses dessins adoptés en principe, et suivis en fait, sauf les modifications suggérées par l'économie. On commença par s'y conformer rigoureusement, témoin les deux côtés du cours Saint- Louis et la première aile de la Canebière. Puis on s'en inspira, comme dans les maisons qui flanquent le bas de la rue d'Aix et dans un certain nombre de celles du cours Belsunce. Enfin, quand des maçons médiocres furent

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cliargcs d'élever les constructions d'angle des rues qui s'ouvrent sur ce même cours, les rues du ïapis- Verl, des Fal)res,de l'Élrieu, etc., ils reproduisirent, en rechi«^nant, les principales divisions de Puget, imposées sans doute par la commune. Mais leurs pilastres informes, leurs attiques sans proportion ne sont plus que la charge maladroite d'un style dont ils ne comprenaient pas le premier mot.

Bougerel, qui assigne à ces travaux une date tout à fait erronée, les confirme néanmoins, et ajoute quelques détails puisés dans un mémoire manuscrit communiqué par la famille.

Puget se rendit à Marseille où il fut employé pour donner les desseins de rembellissement du Cours ; ce qui l'arrêta plus longtemps qu'il ne croyoit. 11 donna à rarchitecte l'ordre que tous les particuliers dévoient suivre pour la régularité de l'architecture, en six feuilles de grand papier. Le cours de Marseille, quelque beau qu'il soit, l'auroit encore été davantage, si l'on avoit suivi exactement son dessein. Comme il avoit de grandes idées, il vouloit qu'on donnât plus de largeur et de longueur à ce Cours qu'on ne lui eii a .donné : qu'à chaque isle on fit une belle porte cochère à la maison du milieu ; ce qui, joint à la magnifique architecture qu'on admire partout, auroit fait croire aux étrangers que c'étoient tout autant de palais magnifiques.

11 fit aussi alors, à la prière de M. de La Salle, un des principaux gentilshommes de Marseille, un superbe dessein pour un hôtel de ville : on le trouve à Marseille chez M. Gravier, Les connoisseurs sont frappés de la beauté surprenante de ce dessein.

En définitive, et c'est là le point qu'il importe d'établir, lorsque, au dix-septième siècle, la volonté de Louis XIV entreprit de renouveler la ville de

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