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PUGET ENTREPRENEUR

Marseille, comme la volonté de Napoléon III la renouvelle aujourd'hui après un intervalle de deux cents ans, cette rénovation de la première cité commerciale de la France s'opéra sous l'influence directe de Pierre Puget. Il fut l'âme de l'agrandissement de 1C68, et l'agrandissement de 1865 a encore obéi à son inspiration, en prolongeant, au delà de l'ancienne porte Noailles, cette large rue de la Canebière qu'il avait vu couper par la moitié.

Mais Puget n'était pas homme à se contenter d'une inspiration idéale. Il avait, entre autres génies, celui de l'entreprise. Il sut fort bien descendre dans l'arène, et tantôt avec ses frères Jean et Gaspard, tantôt avec tels ou tels, se réduire au rôle de maître maçon. L'affaire lui réussit, car on le voit, précisément à cette époque, placer diverses sommes, en obligations à 5 pour 100 et 4 pourlOO, sur les communautés de Marseille et de Toulon. D'autre part, son testament le montre encore en possession, la veille de sa mort, de nombreuses places à bâtir dans les limites du nouvel agrandissement. Or, comme ces placements d'argent semblent en contradiction avec les débours qu'il aurait dû faire })our l'achat des

terrains, j'imagine qne les terrains lui furent concédés par la ville à litre d'indemnité, et qu'ils représentent en quelque sorte son salaire d'arcliitectevoyer du nouveau Marseille.

De plus, il prit une part directe à la construction de plusieurs édifices publics. Bougerel parle d'un dessin pour l'hôtel de ville. Mais ce dessin arrivait trop tard. L'hôtel de ville, commencé depuis plusieurs années, se construisait cahin-caha. Puget ne put que contribuer à la décoration de l'édifice et corriger quelques-unes des fautes de ses architectes anonymes. Le 27 avril 1667, les échevins de Marseille avaient, il est vrai, passé prix-fait avec un maître marbrier, nommé Noël Gaultier, pour les ouvrages en marbre de l'hôtel de ville, mais ils avaient réservé les chapiteaux des colonnes et pilastres qu'ils s'engageaient à fournir eux-mêmes. Lorsque, en 1670, Puget s'en fut à Gênes inaugurer l'autel de Saint-Cyr, il reçut commission de s'arrêter à Carrare et d'y commander ces chapiteaux. C'est l'objet dune lettre, inédite, qui s'est conservée dans les registres de l'hôtel de ville de Marseille où j'en ai pris copie.

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