‹ Pierre PugétChapitre 54 sur 232 · LES ARMES DU ROI · texte numérisé non relu

LES ARMES DU ROI

don je vous reste débiteur de 190 Lire 14 que je tient pour Reseu des armes du Roy que je fais et que vos predesesur mont ordonné et doubtant que vous naies pas reseu lesdicl compte je les envoy a mon frère Gaspard vous les trouvères très fidelles on travaille après les armes pour les esbauclier je vous suplie Mesieur de maa anvoïer (de largant) pour y continuer espérant Ihonneur de vos comandemens je suis de tout mon cœur.

Messieurs

Vostre très humble et très obeissât ser'

A Gènes le 3 janvier 1670.

Il semble résulter de cette lettre que, dès avant J670, Puget aurait reçu des échevins une autre commande, celle de l'écusson des Armes du Roi qui décore la façade de l'hôtel de ville. Du moins le prétendait-il ainsi. Cependant, l'année précédente, un sculpteur de la ville de Liège, nommé Martin Grofis ou Groftîls, avait obtenu le prix-fait de la décoration de la fîiçade. Il s'engageait à exécuter toute la sculpture qu'on entendait faire « au frontispice de la porte du balcon du côté du port, depuis l'imposte de ladite porte jusques à la grande corniche, » c'està-dire un buste du roi entre deux captifs avec un trophée d'armes. Une convention postérieure de quelques mois modifia le programme : aux captifs on substituait deux vertus, la Victoire et la Force. Le tout devait être payé 1,950 livres. De Puget, pas un mol. Mais celui-ci tint bon. Fort d'une promesse qui remontait peut-être très-loin et qui ne reposait sur aucun acte autbonti([iie, il se regardait aussi

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comme engage, et la preuve est qu'il faisait éhauclier i'écusson. La Iradilion a toujours attiiljuc à Christophe Veirier une part de collaboration dans cet ouvrage. C'est lui, sans aucun doute, que Puget avait fait venir de Gejies à Carrare pour surveiller l'exécution des chapiteaux, et qu'il chargea d'ébaucher son œuvre. Encoi'c fallait-il la faire acceptei' des échevins. L'affaire traîna en longueur, non sans procès, j'imagine. Finalement, le 25 janvier 1675, pour régulariser l'ancienne promesse, on dressa une convention dont Bougerel donne le texte. Par cet acte, qui est, à vrai dire, un acte simulé, Puget promet « de tailler et d'insculpter de sa main sur « la pièce de marbre blanc qu'il a fait venir de Gênes « par leur ordre, d'onze pans de hauteur et six de « largeur ou environ (mesure de Provence) les Arec mes du Pioi, environnées de ses deux ordres, avec « la couronne au-dessus, supportées par deux figures « angéliqucs, et les rendre parfaites, polies et lusc( tréés; de les mettre dans l'hôtel de ville franches « de port, et d'assister de ses soins pour les mettre a en place sur le frontispice de l'hôtel de ville, du « côté du port, par tout le mois d'août prochain, « moyennant le prix et somme de 1,500 livres pour « tout. »

Bougerel nous apprend encore que, les Armes une fois posées, au moyen d'un procédé économique inventé par Puget, ce dernier présonla un mémoire

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