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CHAPELLE I»E LA CHARITÉ

L'hôtel d'Aig-uillcs date de l'année 1(375 ou environ, Uuelque temps après, les administrateurs de riiospice de la Charité de Marseille invitèrent Puget à leur construire une chapelle. La première pierre fut posée le 20 avril 1679. Dès lors cet édifice commença à s'élever sous la direction de Pierre Puget, secondé de son frère Jean. Mais la construction dura plus de dix ans, et, confiée enfin aux mains négligentes de son fils François, elle ne devait pas être achevée. Ici encore, on me permettra de citer Emeric David :

Un accent plus grave devait distinguer Toraloire où les indigents de la charité chantent en commun leurs prières. Une coupole ovale, soutenue par douze colonnes corinthiennes, en forme le centre ; sur l'axe longitudinal, et en avant, est un pronaos ou vestibule carré; au fond du temple, s'élève un autel unique; à droite et à gauche, sont deux chœurs j Tun pour les vieillards et les enfants, l'autre pour les femmes. La grande hauteur du dôme porté par un tambour, le style mâle des colonnes qui le soutiennent, la ligne continue de la corniche qui en det^siue le contour, la lumière qui, frappant vers le centre, va se dégradant sous les profondeurs latérales, toutes ces beautés donnent à rédiiice une plnsionomie majestueuse et mélancolique. Un dôme hémisphérique, surtout s'il est élevé sur un tambour, et percé de hautes fenêtres, verse dans l'intérieur de l'édifice une lumière plus abondante et plus égale : un démo ovale produit, à cause de ses différentes courbures, des jours plus resserrés, des ombres plus fermes, un effet plus mystérieux... Cette dernière disposition était peut-être celle qui convenait le mieux à un asile de pénitence et de charité. Elle devait dailleurs llaltei' l'imagination de Puget, par cela même qu'elle renferme quebjue chose d'austère et de singulier.

Ceux qui ont vu la chapelle de l'hospice de la Charité souscriront difficilement à ce jugement

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d'urKî indulgence excessive. Mais le dcinici- Irait e^l jiisic. Piigel, séduit par une idée })iqiiaiile, a voulu plus que jamais faire acte d'indépendance. Il a cliei'clié l'élégance là où ram})leur eût élé nécessaire. Cette nef étranglée, ces maigres colonnes chargées d'une corniche ojmlenle, celle coupole bizarre, les proportions mesquines du ])orlique extérieur, tout senihle indiquer que le jugement a fait délaut à l'artiste. Celte fois, il faut savoir le reconnaître, tant de recherches d'une personnalité capricieuse n'ont abouti qu'à la pauvreté. Pour excuser Puget, on a besoin de se souvenir qu'il n'a pu surveiller en personne, jusqu'au dernier jour, l'exécution encore imparfaite de son œuvre.

La tradition attribuait aussi à Puget un édifice mieux réussi et non moins original, l'ancienne église des Chartreux de Marseille. Une lettre du chevalier de la Roque, publiée dans le Mercure de France de 1745, décrit longuement l'église des Chartreux comme une œuvre de l'artiste marseillais. Mais les annales du monastère, conservées aux archives de la préfecture desBouches-du-Rhône, donnent à cette assertion un démenti formel. Il y est dit, en effet, que le vénérable dom Berger, élu prieur en 1675, « mit son application et ses soins à tracer et à dessiner lui-môme les plans et élévations des bastiments et de l'église de cette chartreuse, dont l'admirable et ingénieuse structure fait connoître la délicatesse

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