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STATUES TRIOMPHALES

générale des communaulés de Provence, et là, le comte de Grignan, lieutenant du roi, appuyé par son frère l'archevêque d'Arles, proposa d'élever à Louis XIV une statue équestre, monument de l'amour de ses peuples. La proposition fui votée d'enthousiasme. On voit d'où partait Tinitiative. L'amour des peuple^ n'avait qu'à suivre.

En Provence, il arriva ceci. Au lieu de supplier le roi d'indiquer la ville oii il voudrait voir se dresser sa statue, l'assemblée laissa la ville d'Aix assumer l'honneur et la dépense de l'entreprise, sauf à obtenir Tagrément de Sa Majesté. Il lui semblait qu'un tel honneur lui revînt de droit, comme capitale de la province. Mais une autre ville résolut de le lui disputer, ou plutôt de rivaliser avec elle dans l'exécution d'un si noble dessein. Et le roi, au lieu d'une statue, put croire un moment qu'il en aurait deux.

Cette ville, qui osait s'ériger en capitale, c'était Marseille. Elle se considérait dès lors, et non sans raison, comme la cité la plus importante de la Provence. Le Parlement siégeait à Aix. Mais la vie était à Marseille, avec l'activité commerciale, avec l'industrie, avec la richesse. La création du port militaire de Toulon semblait n'avoir eu d'autre effet que de créer au port marchand de Marseille, qui d'ailleurs gardait les galères, une protection permanente et efficace. Comme Nantes, comme

222 l'IKIilip; l'I r,KT.

Dijon, comme Lyon, comme Aix, Marseille voiilul avoir sa slalue éqiieslrc de Louis XIV.

Le 2 décembre 1085, à peine de retour de Lambesc, les écbevins se hAlèrent de convoquer le conseil de la communauté, selon les formes voulues, c'est-à-dire à son de cloche, voix de trompe et cris publics. En l'absence du gouverneur Yiguier, la présidence fut dévolue à W Virelle, avocat en la cour, juge royal civil el criminel au tribunal Saint- Louis. Les quatre échevins, protecteurs et défenseurs des privilèges, franchises et libertés de la ville de Marseille, étaient présents. Les vingt conseillers assistaient à la séance. Pour jdus de solennité, on avilit invité plusieurs gentilshommes et un trèsgrand nombre de citoyens et d'habitants.

Au milieu de cette imposante assemblée, qui remplissait la grande salle de l'hôtel de ville, le sieur Paul, premier échevin, se leva d'abord, et exposa en peu de mots l'objet de la réunion : «Le zèle que Marseille a toujours immuablement conservé pour Sa Majesté ne permettant plus de différer de lui en donner des marques qui y soient ju'oportionnées par leur durée, si notre foiblesse ne nous laisse pas des moyens de lui en donner qui y répondent d'une autre manière, il seroit à propos d'ériger en cette ville la statue équestre de ce grand roi en bronze, et, pour cet effet, de supplier très-humblement Sa Majesté de nous le permettre. » Après ce

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