‹ Pierre PugétChapitre 77 sur 232 · F. PUGET · texte numérisé non relu

F. PUGET

De Paris, lo 7 Desamlire 1687.

Mansart passa quinze jours à s'approprier l'idée de Puget, et pendant ce temps, rapporte Villeneuve, « il faisoit sa cour, sans mot dire, à tous ceux qui pouvoient faire valoir ses dessins. » Enfin il produisit un projet détestable, qui, pour agrandir la place, diminuait de moitié les terrains à bâtir, et rendait les constructions aussi difficiles que dans le plan ovale. Le roi hésita d'abord. L'équité lui disait de laisser à Puget ce qui était à Puget. Mais Mansart disait le contraire, et l'on sait le portrait qu'a tracé de lui le duc de Saint-Simon : a L'adresse de Mansart était de montrer au roi des plans imparfaits qui tout seuls lui missent le doigt sur la lettre. Alors il s'écriait qu'il n'aurait jamais trouvé ce que le roi proposait ; il éclatait en admiration,...» etc. — Au risque de briser une grande âme, le roi donna la préférence an plan de Mansart.

CeptMidant François Puget continuait à ne rien voir. La lettre suivante ne fait liomienr ni à sa pénétration, ni à son adresse.

248 l'IKIU'.K PU G ET.

De Versaillp, le 1!» décb" 1GS".

Mesieiir

Je SUIS dinis un cluicrin extronic de ne vous avoir point donné de mes nouvelles et vous fnire savoir leltat de nos afferes naiant peu joindre M' Mansar pour nous communiquer son dessain; a la fin nous y sommes parveneus et vous diray en prenn'er lieu que le S' Manscar n'a point reuisi dans son dessain et mesmc le Roy dit qu'il faloit nous laisser faire "a noslre voUonté et ne point donner le chagrin a mon père de voir d'autre dessains que les siens. Le Roy après setre explique comme cela il voulut voir une segonde fois le plan et fit appeler M. Mansar avec ces dessains, mes le Roy appres les avoir veu nan dit rien ; tout cela estant finy, je fis des nouvelles instances 'a Sa M. seur l'avancement deu port elle me repondit quelle anavoit deia parle a M' de Seignelav et quil cecrioit fort la desseus mais je dorThe au Roy de si fortes rezon quil masseura quil en parleroit encore une fois, ce quil me fait croire que tout ira bien et vous asseure Mesieur que je ne quiterav point prise ny la veue do S. M. que je naie obteneu le receulement deu nouveau arsenal, pour la grandissement deu port et la démolition deu vieu arsenal il nous a repondeu que cela ce fera avec le temps le nouveau neslants pas encore fait. Cela vous doit Messieur foire espérer que quand la place Roialle sera faite et le nouveau arcenal le Rov nous douera ceste satisfaction ; Je ou loueur de lanlretenir un fort Iontans sur la necesite quil liavoit dudit agrandissement dont il nous a écoute avec aplication. M' de Vile neuevea fait son devoir et a apuie fort mes rezon ; dans peu de temps nous aurons resjionce, ce ne sera pourtant pas sans paine aiant un si puissant seigneur a conliatre Mes pleus jy trouveray de dificultes plus jauray de plaisir douant mes souïns a ma patrie et pour une commeunaute dont les chef que jonores infiniment auront ciuelquo egar aux grandes despences que je seuls oblige de faire a la cour. Cet en quoy je vous prie de faire un peu de considération et de me croire parfaitement.

Messieur

Vostre très unlile et très obeisant serviteur

F. PuGET.

Le même jour, Villeneuve rendait compte en

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