NOUVEL EMBARRAS
loule hâte aux échevins du résultai de cette deuxième audience, qui se résumait pour lui dans le triomphe du plan carre. Mais le lendemain le ministre écrivait à son tour, et sa lettre ne dit pas tout à fait la même chose.
A Vfisaille^, le 20 Xbre 1687.
Messieurs
Le Roy a fort aîireé les teinoignnges que vous lui avez donné .le voslre zèle par la resolution que vous avez prise d'ériger une statue équestre de sa Majesté dans la place que vous prétendez faire basiir; elle approuve davantage le dessein carré que celui de Tovale, et quov que celuy que le s' Mansart a fait par les ordres de sa Majesté luv ayt paru plus parfait, elle vous laisse la liberté de prendre un peu plus ou moins de place pour les basliniens cest a dire de donner dix toises de profondeur aux lieux destinez pour bastii' quoyqn"il nv en avl que huit parle plan dud. s'' Mansart.
Sa Majesté s'estant aussy expliquée qu'il falloit faire lad. place royale comme si l'ancien arcenal ne subcisloit plus cela peut vous donner lieu de croire qu'avec le t(>m[is elle le fera démolir.
A l'esgard de l'avancement du port, sa Majesté en a desja parlé a M' de Seignelay, el je vous feray sçavoir ce qu'il aura {ileu a Sa Majesté en décider.
Je crois estre obligé de vous témoigner que le s' de Villeneuve vostre agent a agi en cette affaire, comme il m'a toujours paru (pi'il faisoit dans toutes les autres pour les intérest de la ville de Marseille, c'est a dire avec beaucoup de soin el d'application, qu'il a esté nécessité de faire icy plusieurs vojages et mesme d'y séjourner quelques jours touchant lesd. plans.
Je suis Messieurs
Vostre tresbumble et très affectionné serviteur
De Ckoissy.
Ou'on se figure l'effet produit à Marseille par ces lettres contradictoires, la colère de Puget, la stu-
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pcfaction des éclie vins. N'élail-cc pas assez de deux plans? Et voilà qu'on leur en annonce un troisième, et, de plus, on leur laisse la liberté de choisir : là iilyerlé, ce lourd fardeau dont ils espéraient se décharger sur le roi ! Les explicalions postérieures de Villeneuve ne font qu'ajouter à leurs perjjlexilés. Le 5 janvier 1688, ils écrivent à leur agent sous Tempire d'un sentiment dont il faut leur tenir compte :
Nous vous prions do nous csclaircir de notre doute au suiet du clioix du plan quarré de la place Ro\alle si c'est celuy de M. Ma\isart ou celuy du s"^ Puget que Sa Majesté veut eslre suivy. Si c'est celuy de M. Mansart, nous sommes obligez de vous dire que M. Puget recevra en cela un tort notable, contraire a sa grande réputation qui est sy bien establie, et après tout il est surprenant qu'après que le Roy s'est si bien expliqué en sa faveur, ayant ses desseins en main et ayant seulement dit de les faire voir aud. s' Mansart, celuy cy y aje touché sans ordre et aye voulu enchérir. Nous vous recommandons l'interest dud. s' Puget, et nous sommes obligez de vous dire quil nous a déclaré formellement que si nous devions mettre en exécution les desseins du s' Mansart, non seulem' il ne s'en meslera pas, mais mesme il ne faira pas la statue équestre, et il seroit déjà party d'icy pour s'aller plaindre au Roy si nous ne l'avions arresté en luy faisant espérer quil n'y avoit encore rien de gale pour luy. Quand a nous, nous nous soumettrons toujours a la volonté du Roy et a ce qu'il plaira a M" de Croissy de nous ordonner de sa part.
Ainsi, l'affaire s'embrouille à plaisir. L'irrésolution des échevins, l'entêtement de Puget, le tour de gobelet de Mansart, les sottises de François, la neutralité du ministre, tout se réunit pour l'entraver. Ajoutez-y les intrigues de Villeneuve. Car bientôt, cet agent ne se contente plus de son rôle d'instru-