‹ Pierre PugétChapitre 8 sur 232 · TABLEAUX A TOULON · texte numérisé non relu

TABLEAUX A TOULON

quêtant partout de l'ouvrage, et bon pour tous les travaux. 11 sculpte le bois, il sculpte la pierre ; un vaisseau, une statue, rien ne l'effraye. Pour deux cents livres il se fera peintre. C'est dans cette existence besoigneuse que se trempent les vrais artistes. Ici, du moins, vous n'avez pas à craindre qu'une prétention littéraire vienne gâter le sentiment plastique. Les discussions sur l'idéal ne sont pas de mise. Il ne s'agit pas d'un mandarin de l'art, il s'agit d'un de ces hommes chez qui la main et la pensée ne font qu'un.

Combien, à vingt-huit ans, ont déjà jeté tout leur feu ! En 1650, Puget n'a pas dit le premier mot de son génie. Remarquons toutefois que la quittance de la confrérie le qualifie maître peintre. Comme nous le perdons de vue jusqu'en 1652, il est permis d'attribuer à cette période de deux ans la plupart des peintures d'église dont parle Bougerel et que l'on voyait à Toulon : une AmioncicUion chez les dominicains, un Saint Félix chez les capucins. Le père Bougerel cite encore , comme existant de son temps au village de la Valette, près Toulon, un Saint Joseph agonisant , un Saint Hcrmcntaire^ et, au-dessus du maître-autel, un Saint Jean écrivant l'Apocalypse ; mais il les cite sur la foi de De Dieu, et Émeric David, qui en parle sur la foi de l'un et de l'autre, ajoute qu'ils ont été consumés par les flammes pendant la révolution.

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A délaul lie ces tableaux disparus, il s'en est conservé d'autres, à Marseille et à Aix, qui permettent d'apprécier à sa valeur le talent de peintre de Pierre Puget. Les premiers en date sont ceux qu'il peignit, de 1G52 à 1655, pour l'église cathédrale de Marseille. On va voir à quelle occasion.

Le 10 janvier 1052, Gaspard Puget, cet esculteur que nous connaissons, passait prix-fait avec la confrérie du Saint-Sacrement de la Major, c'est-à-dire de la cathédrale de Marseille, pour la construction des fonts baptismaux. Jl s'agissait d'une œuvre mixte, maçonnerie, architecture, sculpture, qui devait être exécutée en six mois, moyennant la somme de quatre cent vingt-cinq livres. Ces fonts baptismaux ont subsisté jusqu'en 1856, époque de la démolition de la cathédrale, ils se composaient d'une cuve circulaire en marbre blanc, placée sous une coupole que supportaient quatre colonnes cannelées. Au fond se trouvait, incrusté dans le mur, un basrelief en marbre représentant le Baptême de Jésus. Mais c'était une adjonction postérieure : le prix-fait n'en dit mot. En revanche, il y est question de deux figures destinées à soutenir la cuve, figures restées

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