LA PESTE DE MILAN
rcment trempée vivifiât le corps du vieil artiste. Tableau de religion destiné à une église, la Peste de Milan a ti'ouvé sa vraie place dans la salle du conseil de l'Intendance sanitaire de Marseille. Le roi n'en avait pas voulu. Après la mort de Puget, son petit-fds garda le bas-relief jusqu'en 1750. On sortait alors des horreurs de la réalité, on pouvait apprécier la vérité de l'image. Une délibération du bureau de l'intendance sanitaire, en date du 25 mai i 750, décida l'acquisilion de la Peste de Milan moyennant deux mille livres d'argent comptant et une pension do cinq cents livres sur la tète de la personne que Paul Puget désignerait. Le contrat fut passé le 51 mai suivant. Paul Puget garda la pension pour lui-même. J'ai pu relever, ta la suite du contrat, les certificats de vie envoyés de Paris, où il résidait, et signés, entre autres témoins, par le père Bougerel. La Peste de Marseille^ de Gérard, le Chevalier Rose, de Paulin (juérin, le Choléra, d'Horace Vernet, décorent la même salle. Mais toutes ces peintures palissent à côté du marbre coloré de Puget. — c<Ab ! monsieur, me disait le secrétaire de l'intendance en me montrant ses lugubres trésors, notre collection restera incomplèle, tan,t que nous n'aurons pas la fièvre jaune ! >j
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La dernière œuvre de Piiget élnit une œuvre religieuse. Le dernier acte de sa vie fut un acte de dévotion. Rien ne l'obligeait , en construisant le pavillon de Fongate, d'y joindre une chapelle. S'il enhatit une à l'entrée de sa propriété, ce fut pour obéir au même sentiment de piété chrétienne qui lui avait fait écrire sur la façade de sa maison de ville : « Sahator mundi, miserere nohis.n En bon Provençal et en bon mari, il plaça sa chapelle sous l'invocation de sainte Madeleine, patronne de la Provence et de madame Puget ; il pria l'évêque de Marseille de la consacrer, et, afin d'y perpétuer le culte divin, il y fonda une chapellenie, c'est-à-dire une rente capable d'entretenir un desservant.
L'an mil six cent quatre vingt treize et le dix liuitiesme davril après niidy, pardevant nous notaire royal a Marseille soubssigné ont esté presants noble Pierre de Puget et Magdalaine de Tamborui mariés de cette ville de Marseille, lesquels désirant augmenter le culte divin, et fere prier Dieu perpétuellement pour le salut et repos de leurs âmes ils ont de leur gré et liberalle volonté fondé et fondent dans la chapelle Saincte-Magdalaine sciluée dans le fonds do la propriété dudit sieur Puget scituéc dans le nouvel agrandissement dudit Marseille au cartior de Fontgatte, une cbapellanie soubs le mesme tiUre, a laquelle il sera esleu et cboisi un prêtre idoane et capable pour recteur d'icelle, qui aura pour rétribution la pention ou intherets d'un capital de trois mille livres, qui sera pris moitié