DEKMER ACTE DE PIC ET
(les biens diidit Pierre Pugct et l'autre moitié de ceux de ladite dame Tamborin e! sera placé après la mort du dernier d'iceux sur fonds ou communauté seur et solvable sans pouvoir jamais ledit capital estre retiré par ledit recteur qui retirera seulement ladite peution a compter depuis le décès du dernier mourant d'iceux, depuis lequel teu^ps ledit recteur sera obligé de dire une messe tous les jours perpétuellement dans bidite cbapelle a l'intention desdits fondateurs, lesquels veulent que le jus patronal layc de ladite chapelanie appartienne audit sieur de Puget et a ses successeurs pour nommer et presauler non seulement le présent recteur de ladite chapelanie mais encore toutes les fois qu'elle viendra a vacquer, lequel recteur nonnné et presanté sera pourvuu parMgr levesque de Marseille autrement son grand vicaire qui auront la collation de ladite chapelanie. à laquelle la disposition que ladite dame de Tamborin a faicte dans son testament y demeurera géminée, prometant lesdits fondateurs de garder et observer le contenu cy dessus soubz la condition de leurs biens présents et advenir a toutes cours requises. Dont requis acte fait et publié audit jour dans la maison de la demoiselle vefve Beillid, rue du Puits-Nouvau dans la nouvelle enceinte, en présence de Honoré Ampboux et Jean Baptiste Boyer, bolangers, babitants audit Marseille, Témoins requis et souLsigncs avec lesdits fondateurs.
P. Puget. — de Tamblri.x. — Honoré Ampiioux. - Bover. Reymep..
A cette pièce se tfouve joint le testament de la dame, en date du même jour. Elle y est qualifiée « Dame Magdeleine de Tambourin , fille de deffunt M" Simon Tamborin, vivant advocat en la cour, et de dame Marguerite deMonthii, de celte ville. » Elle demande cent messes pour le jour de son décès. Elle lègue une pension de 50 livres à sa sœur Louise, « religieuse du monastère de Saint-Bernard, au delà le fpiai. ^) Elle institue « héritier universel le sieur Pieiie Puget, son expoux, pou- un tesmoignage
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(.ramitii';, et néanmoins pour employer son héritage loulefois après sa morl el sans rien distraire en la fondation d'une eliapclanie..., etc. Et en cas qnc les biens de ladite leslalriee ne fussent pas suffisants pour faire ledit capital, ladite testatrice prie ledit sieur Puget, son mary, de suppléer au manque du sien propre, » Ces détails prouvent que si Puget, en se remariant, s'était allié à une famille honorable, il n'avait pu être guidé par aucun motif d'intérêt. Dix-huit mois après, ce fut au tour de Puget de se mettre en règle. L'âge et les infirmités l'avertissaient de pourvoir à ses affaires. 11 (il venir le notaire et lui dicta ce préambule caractéristique, qui brise comme verre les hypothèses gratuites de M. Michelet.
Au nom de Dieu soit, lan mil six cent quatre vingt quatorze, et le onziesme de sejitembre, après niidy, du règne du très chrestien et très auguste prjnce Louis quatorzième de ce nom par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre comte de Provence, par devant nous notaire royal à Marseille souhsigné fut presant en personne noble Pierre de Puget sculteur et ingénieur du Roy originaire de celle ville de Marseille, fils de deffunts noble Simon de Puget et de dame Marguerite Cauvin, lequel jouissant de ses sens mémoire et entandement quoyquc indisposé de sa personne à cause de ses infirmités corporelles, a par son presant testament nuncupatif recommandé et recommande son ame à Dieu le Sauveur qu'il supplie par la mort et passion de Jésus-Christ son fils et par l'intercession de la bienheureuse vierge Marie sa mère et des saints et saintes de Paradis de vouloir la recevoir dans icelluy au nombre des bienheureux ; et en ce qui est de son corps il veut estre enterré comme chrestien catholique dans la chapelle soubs le titre de Sainte-Magdelaine qu'il fait construire en sa propriété située dans la nouvelle enceinte dudit Marseille au cartier de Fontgate, au cas que ladite
INVENTAIRE DE SES lilENS. 515
chapelle soit agcnccie construite et sacrée lors de sa mort, et au cas qu'elle ne le soit point, il veut estre enterré dans l'église de l'Observance dudil Marsedle, au tumbeau de ses autheurs
En même temps que ce premier testament, révoqué le mois suivant et remplacé par un autre, fui dressé l'inventaire auquel j'ai emprunté de si précieux détails siu' rameublement du pavillon de Fongate. J'en citerai textuellement la dernière partie, en l'accompagnant des notes indispensables :
Suit Testât, scavoir des marbres en nature sans estre travaillés, marbres fin estatucre, lesquelles pièces sont au nombre de quatre a la rive nefve, devant la savonnerie de Monsieur Fouquier, trésorier de France.
La grande pièce destinée à accompagner V Andromède. Elle a esté ordonnée audit Puget par le comandement du Roy et des ordres de W'' de Louvois, qu'on conserve lesdits ordres, et ladite pièce est venue a nos despans.
Une auti'e pièce de mcsme mesure, devant la savonnerie du sieur Fouquier, valeur de 270 livres.
Deux autres grandes pièces marbre estatuere de sept pans longueur, quatre pans et demy lai'geur et trois pans es[)ois<'ur, valeur de 285: 10 livres.
Deux pièces de marbre a faire deux bustes plus grand que nature, valant 47 livres l'un.
Suit Testât des biens du sieur Pierre Puget, qui consistent en terrain dans le terroir de Marseille
En premier lieu, la Colle de Warsile a veire, aciiettéc de la vefve Bourran, seur du sieur Prat, entien eschevin, contrat Monsieur Roqucmaure, notaire *.
La colline de Marsiavciré (Marseille ù voir), située au sud-ouest de Marseille. Sur les plans du commencement du dix-liuilième siècle, elle est désignée a Colle de Puget » Il existe encore dan^• un vallon une bergerie qui a conservé le nom de « Jns de Puget. » (Voir une note du testament.)
Un vfrger qui avoit esté achepté par Mons'Guiltert, dit Chasteau- Folet, do André Piiget, pour la somme de quatre cent livres, ou il a esté osté dudit Chastcau-Folet par droit linagier, démition dudit verger notaire M" Bezaudin, reste encore à payer quclijiies petites sommes desdites 400 livres*.
Ce qui reste a payer dudit verger sont cent cinqu:inte cinq livres seize sols, sans y comprendre les interests. Jornal, feuillet neuf.
Un autre coin de terre joii;nniit la lisse des murailles de la ville, achepté du cousin Puget et bonifay, avisant à la place de la porte Nostre Dame de Mon (Notre-Dame du Mont), a esté fait chez M" Bezaudin, notaire
Places muraillées a bastir des maisons, aboutissant à la rue de Rome, d'environ 52 cannes longueur pour t) cannes largeur, clostures de bonnes murailles, cordons pierre de taille, acquises lesdites places de vénérables dames de Sion, et payées pour valeur de 288 cannes mesurées -.
Une maison toutte nefve, bastie par sieur Puget, avisant la maison de ville de Tholon, faisant un des quatre coins de ladite maison sur la rue de Borbon et de la Poissonnerie, de valeur de 29.000 livres.
Une autre maison à Marseille, cartier Fongate, rue de Rome, avisant le cours sur une petitte place, faisant esperon devant la fontaine dite de Puget, a 4 étages.
Une autre maison, le Pavillon de Fongate, d'où sont vignes et terrains d'environ deux carterades et demy, de valeur le tout de 20,000 livres.
Ladite maison ne relève du chapitre de la Major. — Tous ces biens ont esté usurpés par ledit chapitre, selon les mémoires que nous a laissés le sieur Arnaud , advocat antiquaire de nostre ville de Marseille.
Suit l'inventaire sy devant du sieur Pierre Puget, dettes payiés, qu'il incorpore dans ses biens, scavoir du jardin d'Olieules (Ollioules).
* Château-Follet, ou l'Eslaquc. Le droit linag:er (de lignage), revendiqué par Puget, prouve bien qu'il était originaire de ce quartier.
^ I.a cane équivaut à 2 mètres, soit, pour le terrain, 57G mètres carrés. Or, divers actes du tenqjs prouvent que le terrain à bâtir se vendait alors de 75 à 92 livres la cane. C'est donc une valeur d'environ 25,000 livres.
L'IiNVENTAlRE. 517
Payé aux II. I*. de l'Oratoire du mesuie lieu, six cens livres, acte riere M° Marthely, notaire .du mesme lieu. — A M^ CoUin, tailleur dabit du mesme lieu d'Aulieule, mesme notaire. — A la vefve Fournix, pour mesme jardin, cent cinquante livres quittance faicte M' Bremon, notaire à Tholon, à la Halle. — Paye à M"" Barin d'Aulieule, M° Masson, pour avoir fait un bastiment au mesme jardin, acte fait riere M° Gorely, notaire à Tholon, pour le prix de sept cenz livres de ses mains, avant fermer tous matariaux, ce quv sera estimé.
Us ne met pas issy, dans ce présent estât, argenterie, joyaux et autres choses jïrécieuses, mais bien de marbre de colleur •.
Une pièce de marbre 1res pretieusc de vert antique, denviion cinq pans, un pan et demy dediamettre, reste a nos ateliers.
Une pièce de marbre de coleur blanque et noire antique très précieux, denviron cinq pans longueur, diamètre un pan, deux tiers grosseur, git dans nos ateliers.
Une calèche garnie de ses hustensilles, couverte de vacche noire, son imperialle du mesme, les roues a demy.
Un bourrique denviron six ans coutte quatre csciis.
Compte particulier des sommes que ledit sieur Puget a payé pour madame Tamborin.
A M. Philip La Reinarde , premièrement le 10 noveiidjrc 745 liv.
Je dis sept cens quarante cinq livres.
Plus, au même, trois cent livres 300 liv.
Plus, au incme, cent cinquante livres ... 150 liv.
Réparation faite a sa maison par M" Joseph
Masson a la mesme maison, sa déclaration par main de notaire devant madame des Pênes -. 95 liv.
1,290 hv.
• C'est le poiulaiil du mol de Cornciie. La miitrone romaine disait, en montrant ses entants : « Voilà mes l)ijoux. » Piif^et dit en énuméranl ses marbres : « Voilà mes trésors » Ce qui ne l'empêche pas toutefois de léguer à sa veuve de simples couverts d'arrront.
- La Reinarde, jirandc propriété près du village numiiié les l'enucs, dans le terroir de Marseille.
Ô\H IMEliHF-: IM'Ci;!.
IJiKî luilrc r('ipar;itiuii iilii iiicshk! niiiisoii, ruine (runc clicniiiiLT par lo mcsine M'' 50 liv.
Suit l'csiat dos despanccs pour madame Tainboriii.
Pom- une plante de vignes de 2,525 maillol, à 25 liv. pour cent 51 liv. 5 s.
50 charges de fumier de fedes*, à 15 s. la charge 52 liv. 10 s.
Pour vacation de feu sieur Turc 80 liv.
A l'arpenteur de la Bastide 5 liv.
Toisé des marbres quy ont esté ordonné au sieur Pugct au suhjet de faire' un groupe pour accompagner YEndromedc par les intentions du Roy et par les ordres de Mgr de Louvois.
Toises aux mesures de Carrare, faisant chaque pan neuf pousse de, France, lequel pan est réduit aux poulsse de leur mesure.
Pièie. Long. Lni'g. Ejwiss. Cube.
N" 1. — 1() . . 8 9 . . 0. 7 . . 4. 1,099 à 4 liv. 10 s.
IX» o, — (i . . 7. 4 . . 3. 5 . . 9. 97 —
.^■'' 4. — ti . . 4. 4 . . 5. ô . . 5. 79 —
La grande pièce de 1,099 revient à 4 liv. 10 s.
par pan 4,946 liv.
Les deux pièces de 97 pans, a raison de 5 1. 2 s. GOl liv. 8 s.
L'autre pièce de 79 pans, chacune à 5 livres 2 s, 489 liv.
Transport des cinq pièces de la barque .... 1,550 liv.
Pour tirer et débarquer les cin(i pièces a terre. 100 liv.
Droit de Mourges et Villofranche 2 50 liv.
' Fumier de fcdcs, fumier do moutons.
2 II y a dans ce toisé plus d'une oltscuritû cl plus d'une erreur. Lo voici rectifié par uti arcliilccte :
Le palme ou i)an en usage à Carrare se divise on 12 onces ou pouces, lo pouce en 12 lignes.
Le pan égale 2.') ccntimclres linéaires ol le pouce 20 niillimélres 854 millièmes do niillimèlro.
Culie.
17"' -26 ù 288 fr. 00 = 4,970 IV. 88 c. 1 66 à 198 fr. 40 = Ô29 34 1 60 à » = 329 34
l'ioce. Long.
Larse.
p.iiss.
Si