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LA FAMILLE DE PUGET

Il répiigiip à h raison d'isoler le génie au milieu du monde. Un grand homme ne vient jamais seul. Mais faut-il, d'autre part, l'accepter comme un produit fatal des circonstances, une résultante des milieux où le hasard l'a jeté? On a vu comment la vie de Puget proteste contre cette désolante théorie. Si jamais homme affirma sa personnalité, c'est l'artiste que nous venons de suivre à travers les péripéties les plus diverses et qui nous est apparu toujours entier, toujours indépendant, toujours supérieur par le génie et par le caractère . Cependant, lui non plus ne se présente pas sans famille : Puget a ses attaches dans les temps qui l'ont précédé et dans ceux qui l'ont suivi. Nous pouvons nommer ses ascendants et reconnaître sa postérité.

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Ses asccndanis, les ch(n'clierons-nous dnns l'écolo IVaiiçaise? Que doil-il au moyen âge? que doil-il à Jean riuujoM? Gerles, comme les grands sculpteurs du moyen âge, Puget a la sincérité du sentiment. Il ne songe pas à mettre la nature en suspicion. Il la voit et il l'admire, il l'aime et il la reproduit. 11 eût maudit à l'égal d'un blasphème ces théories plus limides encore que raftinées, qui, au lieu de modeler le type de l'art sur la nature, ont tenté de modeler la nature sur un type d'art conventionnel. Certes, comme Jean Goujon, comme la Renaissance française, il a la grâce, il a l'élégance; mais il n'est pas esclave de la grâce, il ne sul)ordonne pas la force à l'élégance. Il n'a pas co-nnu la contagion d'une cour corrompue, où Tétiquctle proscrit la crudité de la nature, où la beauté virile adule la beauté féminine. Il a des emportements qu'on eût taxés de mauvais ton. La politesse française ne pardonne pas l'audace des paysans du Danube; et le goût français, qui se pâme aux délicatesses, s'accommode mal de ces génies sauvages auxquels il faut crier : Bien rugi, lion !

Mais, à défaut de sang français, dans les veines de l'auteur du Milon de Crotone il y a du sang de l'auteur du Laocoon. Rome, héritière de la Grèce, l'a nourri de son lait de louve, âpre et fort. L'antiquité l'a bercé devant le Torse du Belvédère, ce marbre qui palpitait sous les doigts de Michel-Ange

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