‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 101 sur 250 · CHAPITRE' XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE' XLIII

der si vous avez un goût particulier pour servir de but aux boulets , ou si vous croyez que le brick de Sa Majesté, le Serpent-à-Sonnettes, ait été envoyé ici pour se faire cribler sans rime ni raison ? A tribord le gouvernail, quartier-maître.

Le quartier-maître s'empressa d'obéir, et le brick ne fut bientôt plus à portée du feu , non toutefois sans que quelques nouveaux boulets ne passassent autour de nous, et que l'un n'emportât l'étai du petit hunier.

— A présent , M. O'Farrell , reprit O'Brien , je dois vous dire que, certes , ni moi , ni personne sur ce navire , ne s'inquiète le moins du monde d'entendre un ou deux boulets sifflera ses oreilles, quand il y a quelque chose à gagner, soit pour nous, soit pour notre pays; mais je serais peu flatté de perdre, à propos de rien, seulement un bras ou une jambe, et moins encore la vie d'aucun de mes hommes; ainsi , dorénavant , rappelez-vous qu'il n'y a nulle honte à se mettre hors déportée dune batterie quand on a tous les désavantages de son côté. J'ai toujours remarqué que les boulets de hasard atteignent les meilleurs marins. Amenez la grande voile et envoyez les voiliers à l'arrière pour qu'ils la réparent.

Quand 0 Brien regagna la cabine , je demeurai sur le pont. J'avais ce jour-là le quart de l'aprèsmidi ; et quoique je pusse me faire remplacer par O'Farrell, j'aimai mieux ne pas redescendre. Toute la baie de Fort-Royal s'offrait alors à mes regards y

et la vue était exti^mement belle. Swinbiu'ne se tenait encore sur la caronade, et comme je savais que déjà i\ a^'ait navigué dans ces parages, je lui deman-^ dai des renseignements sur les localités. Il m'apprit les noms des différentes batteries qui dominent la ville , me montra le Fort Edouard , la Pointe du Nègi'e, et particulièrement l'île du Pigeon, qui était couronnée à son sommet d'une batterie en forme de couronne murale.

— Je me rappelle très bien cet endroit, M. Simple, ajouta Swinburne. La dernière fois que j'y vins , c'est en 94- Les troupes anglaises avaient assiégé l'ile pendant tout un mois , et allaient en abandon.-^ lier le siège , faute de pouvoir hisser un canon au faîte de cette montagne que vous voyez là. Mais le pauvre capitaine Faulkner, à bord duquel je servais, prit la parole et dit que , comme sous les chapeaux goudronnés se trouvait plus d'une tête à qui les bonnes idées ne manquaient pas , il donnerait cinq doublons au premier matelot qui trouverait le moyen de jucher une pièce de vingt-quatre au haut de cette montagne. Vous pouvez, M. Simple, voir d'ici que ce n'était pas tout-à-fait aisé.

— Il me semble même, Swinburne, que c'était presque impossible, répliquai-je.

— La plupart d'entre nous le croyaient aussi , M. Simple ; mais un certain Dick Smith , contremaître d'un bâtiment de transport, qui était venu à terre , s'avança. — Capitaine Faulkner, dit-il , j'ai

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