‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 113 sur 250 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

(le vos compatriotes vous suivra ; mais il faut que je lève l'ancre sans délai ; adieu !

Lorsque les deux chaloupes s'éloignèrent , tous ceux qui les montaient agitèrent leurs mouchoirs vers nous, et je fis voile vers le brick. Dès qu'on eut mis une troisième chaloupe à la mer , le reste des yens de l'équipage furent appelés sur le pont, s'y placèrent, et suivirent leurs camarades. Je comptais qu'O'Brien ne m'en voudrait pas de les avoir relâchés tous , et moins encore , quand il saurait à la prière .ie qui je leur avais rendu la liberté. Le navire se nommait la Victorine , avait à bord quatorze canons , et comptait vingt-quatre hommes d'équipage avec onze passagers. Comme sa caigaison consistait principalement en soie et en vin , c'était une excellente prise. Céleste eut le temps de me dire que son père était depuis quatre ans à la Martinique, qu'il l'avait laissée en France pour y terminer son éducation, et qu'elle allait alors le rejoindre. Les autres dames étaient toutes femmes ou fdles d'oflkiers de la garnison française de l'île , et même au nombre des passagers se trouvaient quelques officiers français ; mais comme on me l'avait dit sous le secret , naturellement je fus censé n'en rien savoir, car ils n'étaient pas en uniforme.

Dès que nous rejoignîmes le brick, je me hâtai de monter à bord , de faire descendre des matelots frais dans les chaloupes , et d'envoyer sur la prise le chilurgien avec son aide , pour surveiller le transport

des blessés. Je descendis ensuite dans la cabine, et je rendis compte à O'Brien des événements de la nuit.

— En toute cbose , dit-il, on ne doit , je le sais, considérer que la fui; ce n'est cependant pas le plus heureux coup du monde. La prise du bâtiment que vous ramenez me sauve , et il faut que je fasse une dépêche aussi ronflante que possible. Par le ciel et Tenfer ! quel bonheur qu'il soit de quatorze canons! voilà qui sonne ! J'aurai soin d'entortiller tout de manière que l'amiral soit obligé de croire que nous avons voulu nous emparer des deux navires ; et telle eût été à coup sûr notre volonté si nous aidons su qu'il y en avait un second. Mais il me tarde de connaître le rapport du chirurgien et de savoir si ce pauvre Osbaldistone en reviendra. Pierre, ayez la complaisance d'aller abord de la prise, et placez deux soldats de marine prés de l'écoutille , afin que personne ne descende sous les ponts et ne fouille dans les caisses ; car je veux , en faveur du général O'Brien , renvoyer à terre tout ce que nous reconnaîtrons appartenir aux passagers.

Le rapport du chirurgien constata six morts et .seize blessés. Les morts étaient O'Farrell, aide du maître d'équipage. Pepper, aspirant, deux matelots et deux soldats de marine. Osbaldistone, le premier lieutenant, était grièvement blessé en trois endroits , mais on ne devait pas désespérer de sa guérison ; cinq hommes avaient reçu de dangereuses blessures; les onze au très pourraient, suivant toute probabilité,

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