‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 114 sur 250 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

reprendre leur service en moins d'un mois. Dés que les blessés furent à bord du Serpent à sonnettes , O'Brien me rejoignit sur la prise, et nous descendîmes dans la cabine. Tous les effets appartenant aux passagers furent réunis; celles de leurs caisses qui avaient été ouvertes furent reclouées , et O'Brien écrivit une belle lettre au général , en y joignant la liste de tous les bagages qu'il renvoyait à terre. Nous les expédiâmes par le launch qui se dirigea vers la batterie la plus voisine avec un pavillon de trêve; ;iprès quelque hésitation, on le laissa approcher, et les bagages furent débarqués sur la rive. Nous n'attendîmes pas de réponse , mais nous déployâmes toutes nos voiles pour aller rejoindre l'amiral à la Barbade. Le matin suivant nous ensevelîmes les gens de l'équipage qui avaient péri. 0 Farrell était un beau jeune homme, brave comme un lion , mais trop bouillant de caractère. Il serait devenu un bon oflicier s'il n'était pas mort si tôt. Le pauvre petit Pepper fut aussi beaucoup regretté. Il n'avait que douze ans. Il avait gagné le brigadier du second cutter pour qu'il le laissât se cacher sous les écoutes d'avant. Cette faveur , qui avait mis le comble au plus ardent de ses vœux, mais lui avait été si fatale, il l'avait achetée moyennant sa ration de grog d'un jour. Dés que les cbrps eurent disparu sous les vagues , et que le service funèbre fut achevé, nous éprouvâmes tous un vrai soulagement. Il y a en effet quelque chose d'horrible , pour les

inaFiiis , à savoir un cadavre sur leur vaisseau.

Nous naviguâmes alors gaîment, la prise marchant de conserve avec nous; et, avant que nous n'atteignissions la Barbade , laf'*^upart des blessés furent en convalescence. Les blessures d'Osbaldistone étaient cependant fort graves , et on l'engagea à repasser en Angleterre. Il se rendit à ce conseil, et fut, dès son retour , promu au grade de capitaine. C'était un excellent camarade, et sa perte m'affligea; quoique le lieutenant qui vint prendre sa place se fut trouvé mon cadet , et que i^By|<^ ainsi devenu premier li^^enant du bnHc.^^P^près l'arrivée d'Osl5atdistone au pays ,son frère se cassa le cou à la chasse, il hérita de ses biens et quitta le service.

L'amiral , que nous rencontrâmes à la Barbade , reçut à merveille O'Brien et sa dépêche. O'Brien avait fait deux bonnes prises , et c'eût été suflisant pour couvrir une multitude de péchés , même s'il en avait ci^inmis aucun*; d'ailleurs sa dépêche était admirableniènt écrite , et l'amiral , dans sa lettre à l'amirauté, s'étendit avec complaisance sur les expéditions aussi heureuses que hardies du capitaine O'Brien. Si cependant la vérité avait été connue , c'était à l'avis donné par Swinburne de ramer vers le côté de la baie sous le vent , que nous devions d'avoir capturé la Tictorine ; mais il est bien difficile de découvrir la vérité tout entière dans ces sories de choses , et j'en ai acquis la preuve pendant que j'étais au service de sa majesté.

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