‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 132 sur 250 · CHAPITRE XLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVIII

avez rendue à ma fille qui se trouvait à bord de la Victorîne avec les autres dames. Les oOiciers se retirèrent alors , et je demeurai seul avec le général 0 Brien.

— Rappelez-vous , me dit-il , et je vous en préviens une fois pour toutes, que ma bourse, comme le reste, est à votre disposition. Si vous n'en usez pas librement avec nous, je croirai que vous ne nous aimez plus. Ce ne serait pas la première fois que je vous rendrais un service de ce genre, Pierre, et vous vous êtes honorablement acquitté de celui que je vous ai autrefois rendu ! Au reste , je n'étais pour rien dans Taffaire des cinquante louis; Céleste, continua-t-il en souriant, vous avait seule fait ce don; car pour moi je ne me serais pas imaginé que c'était vous qui étiez vêtu en femme et qui dansiez si impudemment sur des échasses au milieu de la France. Mais il faudra plus tard me conter toutes vos aventures. Céleste est fort impatiente de vous voir. Voulez-vous lui faire visite sur-le-champ , ou attendre (pie le chirurgien soit venu.

— Oh 1 sur-le-champ, s il vous plait, général. Puis-je toutefois vous demander auparavant qu'on prenne soin de mes pauvres matelots? Ils n'ont rien mangé depuis hier; ils sont criblés de contusions, et ont travaillé dur toute la matinée. Puis-je vous prier aussi d'envoyer un chariot chercher ceux (pie leurs blessures plus graves nous ont contraints de laisser sur la côle?

— J'aurais du penser plus tôt et aux uns et aux autres , répliqua-t-il ; mais je veillerai en ô\itre à ce que les malheureux qui ont përi reçoivent une sépulture décente. Venez maintenant , je vais vous conduire près de Céleste.

Page 1