‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 144 sur 250 · CHA.PITRE L · texte numérisé non relu

CHA.PITRE L

temps de recharger. Maintenant le plus profond silence !

Les chaloupés approchaient de pUis en plus , et déjà on pouvait voir qu'elles étaient remplies de monde; mais comme nous demeurions parfaitement tranquilles , elles ne ramaient qu'avec lenteur , dans Tespoir de nous surprendre. Heureusement , Tune devançait un peu Tautre ; cette circonstance me fit donner de nouvelles instructions à mes hommes, et je leur commandai de décharger aussi leur second mousquet sur la première chaloupe , attendu que si nous pouvions mettre hors de combat les gens qui la montaient, nous résisterions sans peine à ceux de la seconde. Lorsque la chaloupe arriva à six verges^ de l'écusson du schooner : — Feu ! m'écriai-je ; et tous les mousquets partirent à la fois , et mes gens poussèrent un hourra. Les rames échappèrent aux mains de plusieurs rameurs, et je ne doutai j^as que nous n'eussions fait de grands ravages : mais elles furent saisies par d'autres individus qui auparavant ne ramaient pas , et la chaloupe s'avança de nouveau vers notre écusson.

— C'est maintenant , camarades, qu'il faut viser avec soin , s'écria Swinhurne; car l'autre chaloupe va être bord à bord dès que nous aurons tiré. M. Simple, le schooner se remet en marche, et voici une forte brise qui vient.

Nous dcchaigeàmcs encore nos dix mousquets sur la même chaloupe , mais cette fois nous atten-

dimes que riiomme (jui se tenait à l'avant eut accroché sa gaffe dans nos chaînes, et notre feu fut très meurtrier. Il me semhla étonnant que l'autre chaloupe ne nous eût p:is ahordés; mais uiie légère brise s'était faite , et le schooner filait déjà avec une certaine rapidité. Toutefois , elle était presque sous notre écusson , et nous allait toucher en une minute.

Pondant ce temps , les Espagnols de la première chaloupe, que nos balles n'avaient pas atteints, cherchaient à escalader les flancs de notre navire , et étaient repoussés par nos hommes avec beaucoup de succès. La brise fraîchissant , Swinburne courut au gouvernail. Je vis alors le schooner fendre l'eau avec tant de vitesse, que la seconde chaloupe ne le suivait plus qu'à peine. Je m'élançai vers les chaînes, je décrochai la gaffe au moyen de laquelle la première chaloupe se retenait au schooner, et bientôt elle resta en arrière , après avoir laissé deux Espagnols suspendus au platbord. On leur administra quelques coups de sabre et ils tombèrent à l'eau.

— Hourra ! nous sommes sauvés ! s'écria Swinburne, et maintenant il faut les punir.

Le schooner filait alors à raison de cinq milles par heure, et la brise augmentait toujours. Nous continuâmes pendant deux minutes à marcher dans la même direction ; puis , soudain , nous virâmes de bord et nous courûmes sur les chaloupes. Tandis que Swinburne gouvernait , moi-même , entouré du

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