CHAPITRE. LU
Bon sens de Swinburne. — Nul n''est un héros pour son valet de chambre , ni un prophète dans son pays. — O'Brien fail un nouveau pas, grâce à son huliilcit'; slralegitjuc. — Use sépare de son ami , clTéloile de Pierre reste stationniiire. ,
0 l'rien apprit avec douleur la mort de son père, mais il ne put y être aussi sensible qu'on l'est oidi-
nairement à une perte de ce genre , car certes, so» père n'avait jamais été un père pour lui. On l'avait envoyé sur mer pour débarrasser la maison paternelle, et depuis qu'il était marin, il avait été le principal soutien de sa famille. Son père aimait beaucoup le wiskey et n'aimait pas beaucoup le travail. Il était trop fier du vrai sang milésien qui coulait dans ses veines, pour chercber à gagner sa vie d'une manière quelconque; mais sa fierté s'accommodait fort bien de vivre du prix des sueurs de son fils. Quant à sa mère, O'Brien fut affecté profondément; elle avait toujours été bonne et tendre pour lui, toujours elle l'avait idolâtré. Au reste , lorsque les marins ont exercé long-temps leur profession, ils sont devenus tellement étrangers à leur famille, et se sont tellement accoutumés aux vicissitudes de toute sorte, que jamais le chagrin que leur cause la mort d'un: parent n^est de bien longue durée; et, au bout d'une semaine , 0 Brien avait repris sa gaité ordinaire , quand un navire nous apporta la nouvelle qu'une escadre française avait été vue à la hauteur de St.-Domingue. Cela nous mit tous sur le quivive. OBrien fut mandé par l'amiral, et reçut l'ordre de se préparer en toute hâte à lever l'ancre, cai' il devait partir pour l'Angleterre avec des dépêches. En trois jours nous fûmes prêts , nos dernières instructions nous furent transmises , et à huit heures du soir nous quittâmes la baie de Carlisle.
— Eh bien, M. Swinburne, lui demandai-je le