‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 157 sur 250 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

rum est coupé de moitié cVeau, il a encore assez force.

— C'est ce que je pensais, répliquai-je en riant.

— Mais, que je ne vous empêche pas d'être bien à votre affaire, M. Simple. Ohé! Hoskins, vous êtes d'un demi point hors du vent , et vous allez venir à lof. Je crois, M. Simple, que le capitaine O'Brien n'a pas eu la main heureuse , quand il a nommé Tom Alsop quartier-maitre à ma place.

— Pourtant, Swinburne, c'est un marin actif et un brave homme.

— D'accord ; mais il a des infirmités sur lesquelles il ne fallait pas fermer les yeux. Par exemple, je doute qu'il puisse voir au faite du grand mat.

— Je n'en savais rien.

— Non, mais je le savais. Alsop a besoin de finir son temps pour obtenir la pension , et quand il l'aura fini, vous verrez si les chirurgiens qui l'examineront ne lui accorderont pas les invalides pour être aussi aveugle qu'une chauve-souris. J'aimerais à l'avoir pour aide-canonnier , et c'est là le seul poste qui lui convienne. Mais , M. Simple , je crois que nous allons avoir du mauvais temps; la lune s'embrouille, et les étoiles auraient besoin d'être mouchées. Il nous faudra prendre deux ris aux voiles de perroquet avant qu'il fasse jour. Voici cinq heures qui sonnent ; je vais maintenant descendre dans ma cabine ; si je ne faisais plus la moitié du premier quart et la moitié du quart de diane, je ne

dormirais pas de toute la nuit ; au contraire j'oublie souvent le quart que je dois faire à présent. L'habitude est tout, M. Simple, et je ne goûte pas beaucoup un lit qui touche à terre ; d'ailleurs , il est si large, et j'y ai si froid aux côtés ! rien de tel qu'un hamac. Bonne nuit, M. Simple.

— Bonne nuit, Sw inburne.

On nous avait ordonné toute diligence possible. O'Brien faisait donc force de voile le jour et la nuit, et généralement ne se couchait lui-même qu'à une ou deux heures du matin. Nous eûmes le temps le plus favorable, et en un peu moins d'un mois nous doublâmes le cap Lizard. Toujours favorisés par le vent, nous dépassâmes Plymouth, nous remontâmes le canal, et nous jetâmes l'ancre à Spithead.

Après s'être rendu chez l'amiral , O'Brien partit pour Londres avec ses dépêches , et me laissa le commandement du brick. Au bout de trois jours, je reçus de lui une lettre dans laquelle il m'annonçait avoir vu le premier lord de l'Amirauté. Sa seigneurie l'avait beaucoup questionné au sujet de la station d'où il revenait , et beaucoup complimenté sur ses services. — Partant de là, continuait O'Brien, je me hasardai à insinuer au premier lord , que je croyais avoir mérité de l'avancement, et, comme il n'y a rien de tel que de prendre ses quartiers chez l'ennemi , j'observai que je n'avais pas recouru à lord Privilège, persuadé que mes services suflisaient sans aucune recommandation de sa part. Sa sei-

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