‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 159 sur 250 · CHAPITRE LII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LII

capitaine qui marche sur le pont de son bâtiment ,

arriva devinez qui ? Votre oncle, lord Privilège.

Ses regards rencontrèrent les miens ; il me reconnut immédiatement , et si ses yeux ne lancèrent pas la foudre^ j'en vis du moins jaillir un éclair. Il adressa quelques questions aux domestiques , et déjà il leur remettait sa carte, lorsqu'on appela mon nom. Je passai près de lui, j'entrai dans le cabinet du premier lord que je remerciai de ma nomination ; sa seigneurie me complimenta de nouveau sur l'énergie que j'avais déployée aux Indes Occidentales, je tirai ma révérence , et je décampai au plus vite. J'avais eu l'intention de solliciter pour vous le brevet de de lieutenant à bord de la Sémiramis, mais je craignis que votre nom n'amenât celui de lord Privilège ; d'ailleurs, la carte de votre oncle fut apportée et mise sur la table pendant mon audience même. Le premier lord pensa , je le présume , que sa seigneurie venait le remercier de sa bienveillance pour moi, et ne s'en montra que plus aimable. Je pris congé de lui, et je descendais 1 escalier quatre à quatre , lorsque je rencontrai lord Privilège qui montait et qui me regarda d'un air furieux, car je dois vous dire qu'on le reçut immédiatement après moi. Au lieu d'attendre le résultat de l'explication, je me suis jeté dans une chaise de poste , j'ai gagné Spithead avec autant de célérité que quatre chevaux ont pu m'y conduire, et j'ai lu ma commission à l'équipage de la Sémiramis, car je suis sûr que si je n'étais pas venu à bord,

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on m'aurait ôté le commandement de cette frégate. Au contraire, une fois à mon poste, je puis, dans le cas où l'on me révoquerait , demander une cour martiale pour disculper ma réputation. Je sais bien que tout est possible à l'amirauté , mais probablement on s'y gardera d'enfreindre les règlements du service, même pour complaire à lord Privilège. Dés que je sortis de l'hôtel du premier lord, je regardai le ciel , et j'eus le plaisir de voirie temps assez brumeux pour que le télégraphe ne pût jouer, sans quoi je serais peut-être arrivé trop tard. Je vais maintenant aller à terre annoncer à l'amiral que j'ai pris le commandement de la Sémiramis.

O'Brien alla à terre s'annoncer, et fut reçu de l'amiral , qui l'informa que s'il avait des arrangements à prendre, il ne pouvait se hâter trop, attendu qu'il ne devait pas s'étonner de recevoir dés le matin suivant l'ordre de mettre à la voile. Ce prompt départ me contraria fort, car je doutais de pouvoir en si peu de temps parvenir à passer sur le vaisseau d'O'Brien, lors même qu'un de ses officiers consentirait à chanwr avec moi. Néanmoins, je me rendis à bord de la Sémiramis pour tenter la fortune , et je leur demandai si quelqu'un d'entre eux voulait, en échange de la sienne , accepter ma place sur le Serpent à sonnettes; mais quoiqu'ils ne fussent pas enchantés d'aller aux Indes Orientales , ils se souciaient encore moins de quitter une frégate pour un brick, et je revins le désespoir dans le cœur.

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