‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 167 sur 250 · CHAPITRE LIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LIV

ne m'en inspirait le désir. Jamais je n'avais aimé la mauvaise compagnie ni les orgies nocturnes , et je n'avais aucune connaissance clans la portion respective des habitants de Portsmouth. Enfm , tous les gens de l'équipage vinrent prendre leur poste sur le brick, nous sortîmes du port et nous allâmes jeter l'ancre à Spithead.

Le capitaine Hawkins vint à bord et me donna un livre d'ordres en me disant : — M. Simple, j'ai en horreur les ordres écrits , car les règlements maritimes me semblent tout-à-fait suffire au maintien de la discipline d'un vaisseau. Néanmoins, un capitaine est dans une position très épineuse, et s'il anive un accident , toute la responsabilité pèse sur lui. J ai donc pris de mon chef, pour la discipline intérieure du brick, certaines mesures, qui, dans le cas où je viendrais à chavirer, me mettraient à l'abri de tout reproche. Mais je ne désire aucunement quelles gênent le bien-être des officiers ; mon seul désir est de préve.iir tout malheur dont le poids retomberait sur ma tête.

Je reçus le registre où les mesures en question étaient consignées , et le capitaine retourna à terre. Quand je descendis dans la chambre aux armes pour la parcourir , je m'aperçus au premier couj» d'œil (pic si on les suivait exactement , la position d« chaque officier ne serait plus tenable, et que si on ne les suivait pas , toute la responsabilité pèserait sur moi. Je le montrai à Webster qui pensa de même,

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et m'avoua que, suivant lui, la politesse et l'amabilité du capitaine n'étaient qu'un piège au moven duquel il comptait mettre le grappin sur nous aussitôt que l'occasion s'en offrirait. Je rassemblai alors tous les officiers , et leur dit ma façon de voir. Webster m'appuya , et il fut décidé unanimement qu'on obéirait aux instructions, mais qu'on ne se ferait pas faute de remontrances.

Toutefois, la majeure partie de ces mesures ne se rapportaient qu'au temps où le brick se trouvait en rade , et , comme nous allions mettre à la voile , il était à peine besoin de rien dire pour le moment. L'ordre de lever l'ancre arriva, et par la même poste, je reçus de ma sœur Hélène une lettre où elle me marquait avoir reçu des nouvelles du capitaine Fielding ; il avait immédiatement écrit à Bombay où le régiment était en garnison, mais on lui avait répondu qu'il ne s'y trouvait aucun soldat du nom de Sullivan, et qu'aucune femme ainsi nommée n'avait suivi le 33^. Cet avis coupait court à toutes nos tentatives pour retrouver la nourrice qui avait mystérieusement élevé dans la maison de mon oncle un prétendu fils. Où l'avait-on envoyée depuis? impossible de le savoir. J'abandonnai donc tout espoir de découvrir jamais cette ténébreuse intrigue , et, pensant à Céleste, je soupirai du peu de chance qui me restait de m'unir jamais à elle. J'écrivis une lettre à O'Brien , et le jour suivant nous partîmes pour notre station dans la mer du Nord.

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