‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 20 sur 250 · II. PIEIUiL SIMPLE · texte numérisé non relu

II. PIEIUiL SIMPLE

d'arrière , je sautai dans une et je repêchai le testament qui flottait encore. Comme les bricks n'ont pas de fenêtres à la poupe , nécessairement elle ne put voir ma maiiœuvi-e, mais supposa le testament à jamais perdu. Nous eûmes dès lors un temps affreux, qui , joint à la perte de son bichon l'avori eft à de continuelles disputes avec moi , car à partir de ce jour je la vexai de toutes les manières possibles, la rendit fort malade , et on l'enterra une quinzaine après notre arrivée à Plymouth. La vieille dame tint parole; elle ne fit jamais d'autre testament. Je déposai entre les mains de la justice celui que j'avais recouvré au milieu des flots , et j'héritai de toute sa fortune.

Comme ni le premier lieutenant ni moi ne pouvions découvrir si l'histoire du capitaine était véritable ou non, bien entendu, nous le félicitâmes de sa bonne fortune , et bientôt après nous quittâmes la cabine pour aller faire part de son merveilleux récit à nos camarades. Quand j'arrivai sur le pont, je vis que le requin venait d'être harponné et qu'on s'occupait de le hisser à bord. M. Phillott m'avait suivi sur le gaillard d'arrière. Les officiers ne songeaient tous qu'au requin; ilsregardaient par dessus les préceintes, s'appelaient les uns les autres , et indiquaient aux matelots comment il leur fallait s'y prendre. Or, quoiqu'il y eût certes manque de décorum sur le p-aillard d'arrière, encore la chose était-elle excusable, puisque le capitaine avait donné la permission; mais

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