CHAPITRE LXIIl
Pierre regarde avoir perdu sa cause à peu prés comme l'aToir gagnée. — 11 se rend à bord du Serpent à sonnelles pour faire ses paquets, et reçoit ordre de plier bagage. — ■ Adieux polis entre parents. — Madame Trotter s'amende de plus en plus. — Pierre Ta à Londres, et tombant ensuite des mains d'une bande de voleurs dans celles de son oncle , éprouve toute sorte d'infortunes.
Je SUS à peine si ce jugement me causait delà joie ou de TafHiction. D'une part, c'était presque un coup de mort à mon avancement futur, sinon à ma carrière elle-même; de l'autre, la recommandation qui accompagnait la sentence en adoucissait beaucoup la rigueur , et je me trouvai fort heureux non seulement d'être débarrassé du capitaine Hawkins, mais encore de pouvoir voler auprès de ma pauvre sœur. Je saluai respectueusement la cour, qui leva aussitôt la séance. Le capitaine Hawkins suivit les capitaines sur le gaillard d'arrière, mais aucun d'eux ne voulut échanger un mot avec lui , tant le cours des débats avait dévoilé de choses à son préjudice.
Environ dix minutes après , un des plus anciens capitaines qui avaient composé la cour m'appela dans la cabine. — M. Simple, me dit-il, nous sommes profondément peines de l'arrêt que nous avons rendu contre vous. Mais il ne pouvait être plus indulgent, vu les circonstances ; c'est cette conversation que vous avez eue avec le canonnier sur le couronnement de la poupe, qui vous a perdu. Ce doit être pour vous un avertissement d être à l'avenir