CHAPITRE LXIII. 4l
moment où j'étais tombé au bord de la route. Maintenant, où étais-je? De profondes ténèbres régnaient autour de moi, et je ne pouvais rien distinguer. Que j'eusse voulu me faire du mal , je n'en doutai pas, sans quoi on m'eût laissé les bras libres. J'avais eu la fièvre et le délire, supposai-je ; mais fièvre et délire étaient passés.
— Il y avait plus d'une heure que j'étais plongé dans une triste rêverie et que je me demandais pourquoi on me laissait seul, lorsque la porte de l'appartement s'ouvrit. — Qui est là ? m'écriai-je.
— Tiens ! vous êtes revenu à vous , dit une voix bourrue; alors je vais vous donner un peu de jour.
L'homme qui m^avait répondu baissa une espèce de volet dont la fenêtre entière était couverte , et les flots de clarté qui minondèrent soudain m'aveuglèrent. Je fermai les yeux , et ce ne fut qu'en les rouvi'ant par degrés que je parvins à supporter la lumière. Je regardai l'appartement où j'étais enfermé; les murs en étaient nus et badigeonnés de blanc. J'avais pour lit un grabat. Je tournai mes regards vers la croisée; elle était garnie d'énormes barreaux de fer. — Bon Dieu ! mais où suis-je ? demandai-je à l'homme avec effroi.
— Où vous êtes? répliqua-t-il; parbleu ! à Bedlam.