‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 230 sur 250 · CHAPITRE LXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXIV

Comme disait O'Brien , c'est une longue route que celle qui ne fait pas de coudes. — On me délivre enfin, et les bonheurs fondent sur moi en aussi grand nombre que les infortunes qui auparavant m'ont accablé.

Le coup fut trop fort ; je retombai sans connaissance sur mon oreiller. Combien de temps restai-je en cet état, je l'ignore; mais lorsque je recouvrai Tusage de mes sens, le gardien était parti, et je trouvai une crucbe d'eau et du pain à côté de mon grabat. Je bus un peu d'eau , et l'effet qu'elle produisit sur moi fut surprenant. Je sentis que je pourrais me lever, et je me levai ; on m'avait détacbë les bras pendant que j'étais évanoui. Je descendis de mon lit, et je me traînai jusqu'à la fenêtre. Je regardai en debors, et vis le brillant soleil , les passants , les maisons en face ; tout avait un air de joie et de gaîté , mais j'étais captifdans une maison de fous. Avais-|e donc été fou ? Après avoir réflécbi , je conclus qu'il le fallait , et que des gens qui ne me connaissaient pas m'avaient enfermé. Il ne me vint pas un seul instant à l'esprit que mon oncle y eût donné la main. Je me jetai sur le grabat , et me soulageai par des larmes.

Ce fut vers midi que le médecin de l'établissement, accompagné des gardiens et d'autres personnes , entra dans ma chambre.

— Est-il tout-à-fait calme ?

— 0 Seigneur ! oui, monsieur; aussi calme qu'un

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