‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 3 sur 250 · CHAPITRE XXXl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXl

lillac. Or, vous savez, M. Simple, que je sais dans l'occasion trouver un mensonge.

— Oui , certes ! témoin l'ouragan de l'autre nuit.

— Eh bien! M. Simple, je ne mérite pas de lui tenir la chandelle. Non que je ne puisse de temps en temps débiter d aussi gros mensonges que lui; mais, de par le diable ! ceux qu'il débite sont toujours d'une grosseur monstrueuse. En fait, M. Simple, il ne dit jamais la vérité qu'en se trompant. Il est aussi pauvre qu'un rat et ne possède que sa solde ; cependant, à le croire, il serait plus riche que l'hôpital de Greenwich. Mais vous m'en direz bientôt des nouvelles, et je vous réponds qu'il vous donnera à rire, derrière son dos s'entend, M. Simple; car au fait ce n'est plus çà.

Le capitaine Kearney arriva à bord le jour suivant. Les matelots se rangèrent sur le pont pour le recevoir, et tous les officiers se rendirent au gaillard d'arrière. — Vous me donnez là une jolie bande de soldats de marine, M. Falcon, observa-t-il ; ceux que" je laisse à bord de la Minerve ne valent que la peine d'être pendus. Vous me donnez aussi une belle troupe de matelots : ceux que je laisse sur la Minerve ne valent |)as même qu'on prenne la peine de les pendre. S'il vous plaît , et si vous voulez bien faire avancer les hommes jusqu'ici, je vous lirai ma commission. 11 la lut, tandis que par respect poui' l'aulorité dont elle émanait , tout le monde tenait cba- ])eau bas. — Maintenant , mes camarades , dit le

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capitaine Kearney en parlant à l'équipage, je n'ai que peu de mots à vous adresser. Je suis appelé au commandement de cette frégate, et votre ex-premier lieutenant jn'a lait sur votre compte le lapport le plus favorable. Voici tout ce que j'exige de vous. Soyez actifs, ne vous grisez pas, et dites toujours la vérité; je n'en demande pas davantage. Qu'on se retire. Messieurs, continua-t-il en parlant aux o(ïiciers , j'espère que nous serons bons amis , et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement. Il salua alors, tourna les talons, et appela son quarticr-maitre. — William , allez-vous-en à bord , et dites à mon intendant que comme j'ai promis au gouverneur de diner tantôt chez hn, il faut qu'il Vienne m'habiller. De plus, quartier-maitre, souvenez -vous de mettre la natte en peau de mouton sur le caillebotis d'arrière de ma chaloupe ; non celle dont je me servais d'habitude lorsqu'à terre je prenais ma voiture, mais la bleue qui servait pour le char-à-bancs..... vous savez ce que je veux dire. Je regardai S\Yinburne qui se trouvait en face de moi, et il me lança un clignement d'œil qui signifiait : — Le voilà parti ! Nous nous rencontrâmes un des jours suivants avec les officiers de la Minerve, qui confirmèrent tout ce que Swinburne avait dit; mais c'était parfaitement inutile, car nous avions à chaque minute les paroles mêmes du capitaine pour nous convaincre du fliit.

Les dîners de cérémonie furent bientôt très nombreux, et l'hospitalité de lile n'est (lue trop bien

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