CHAPITRE XXXIII
ment le courrier espagnol a-t-il péri ? Dans les dépêches de ce pauvre diable , on vit que l'amiral espagnol , dont j'oublie le nom, mais qui s'appelait
comme Magasin, avait été instruit du prétendu
dénuement de notre escadre. Sir John, persuadé que les Espagnols ne laisseraient pas échapper une si belle occasion de nous prendre six voiles de ligne , car c'était plus de vaisseaux anglais qu'ils n'en avaient jamais pris de leur vie, attendit quelques jours , afin de leur donner le temps de s'éloigner du port , puis quitta Lisbonne , se dirigea vers le cap St.-Vincent oil il rejoignit sir Hyde Parker , et pour sûr , rencontra bientôt les Espagnols à qui nous donnâmes une jolie peignée. Or, ce n'est pas tout le monde qui pourrait vous dire tous ces détails, M. Simple.
— Bien ; mais, à présent , la bataille, Swinburne.
— Que Dieu vous bénisse , M. Simple ! mais voilà qu'il est plus de minuit, et je ne peux livrer en un quart d'heure la bataille du cap Saint- Vincent. En outre le récit détaillé de cette fameuse bataille mérite bien un autre verre de grog.
— Eh bien ! vous en aurez un autre , Swinburne ; seulement n'oubliez pas de me le raconter.
Swinburne et moi nous nous séparâmes alors , et en moins d'une heure je rêvai de dépêches, de sir John Jervis , de sir Isaac Coflin , et de courriers espagnols.