‹ Pierre Simple (volume 2)Chapitre 36 sur 250 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

Bons avis d'O'Bricfi. — Le capitaine Kearney taille encore dans le merveilleux.

Je ne me rappelle aucune circonstance qui, dans le cours de ma vie, m'ait aussi péniblement affecté que la perte du pauvre M. Glousse , le contremaître , car bien entendu je ne gardai aucune espérance de jamais le revoir. Je crois que la principale cause de mes vifs regrets fut qu'à Tépoque où j entrai dans la marine et où chacun me considérait comme le nigaud de la famille , seuls , M. Glousse et O'Brien pensèrent différemment de moi et me traitèrent avec plus d'égards. Ce fut leur bienveillance qui me porta à m'appliquer et qui encouragea mes efforts. Je suis en effet convaincu que beaucoup déjeunes gens, qui, assez heureux pour rencontrer de sages protecteurs , tourneraient au bien , sont, par suite du système absurde de railler toujours et de ridiculiser tout , entraînés dans la mauvaise route , perdent de désespoir toute confiance en eux-mêmes , et se laissent ainsi aller au courant de la perdition. 0 Brien , qui n'aimait pas beaucoup la lecture , jouait admirablement de la petite flûte , et possédait une fort belle voix. Son amusement principal était de s'exercer sur son instrument , ou plutôt d'en jouer , ce qui est une chose bien différente; mais s'il n'étudiait pas lui-

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